Le 04/03/2015

En avant Concarneau. Coeur rouge et bleu

A 24 heures du quart de finale de la coupe de France face à l'EA Guingamp (L1), les bénévoles de l'US Concarneau, au nombre de 80 à 100 personnes savoureront l'évènement assis en tribune du Moustoir, à Lorient, avec un aller-retour programmé en car. Ils l'ont tellement mérité! Eux qui habituellement donnent de leur temps et de leur générosité aux autres. Fidèles de Guy-Piriou, l'expression d'un infini respect ressort pour ces personnes. Dans un monde parfois sans pitié et cruel, ils sont un des derniers remparts sociétaux par leur dévotion et leur extrême gentillesse. Ce savoir-faire du partage et du service est un liant de leur aventure commune sur plusieurs décennies pour certains. Tous ont un amour invétéré pour l'US Concarneau. Un coeur rouge et bleu irrigué en permanence par des tranches d'amitié, des rires, des tacles glissés jamais méchants ou appuyés et des rituels bien installés. Tout est bon pour amener l'autre à se sentir à l'aise, à l'échange et au partage de bons moments.

Les bénévoles de l'USC, parés pour le quart de finale de la coupe de France

Rendre service à une communauté, donner de son temps personnel pour une unité collective est une des grandes forces de notre région. Peut-être par le fait qu'être au bout du monde renforce le lien entre les personnes. Le festival des vieilles Charrues à Carhaix, un des plus grands d'Europe, qui réussit grâce à une marée humaine de bénévoles des associations au alentour, le festival Interceltique de Lorient, les fêtes maritimes de Brest ou de Douarnenez sont de très bons exemples. Le bénévolat est une valeur à la baisse. Dans bien des clubs sportifs, le mal est apparent avec des générations parfois non remplacées.

L'US Concarneau compte sur une bonne trentaine de bénévoles, constamment les week-ends. Pour les grands évènements en coupe de France, comme les matchs face à Guingamp, Niort et Dijon, le dispositif monte entre 80 à 100 personnes. " Ces gens sont indispensables à notre bon fonctionnement. Ils représentent toutes les forces vives de notre club avec un même fil conducteur, une même passion, quelque soit la tranche d'âge. Jean Goardé, Patrick Branquet, Daniel Bourhis, Georges Olivier, impossible de tous les citer. Ce sont des fidèles, qui sont là dans les bons et mauvais moments. Notre aventure en coupe de France ressoude encore plus. Nous ne pouvons pas tout faire à la direction. Les bénévoles se sont relayés constamment pour la billeterie à Guy-Piriou pour Guingamp. Ils ont tout assuré jusqu'à la vente des écharpes. Ils méritent un énorme coup de chapeau", déclare le président de l'US Concarneau, Jacques Piriou. 

Habitué de Guy-Piriou, leurs noms vous sont sûrement familliers. Leurs visages aussi à des postes bien définis. Sophie Gloanec est née avec l'US Concarneau. Avec un père, Guy, supporter du club Usciste, elle accompagne depuis 20 ans l'histoire de l'US Concarneau. " Dès la naissance, je n'ai pas eu de chance. Mon père voulait un garçon (rires). Il a joué toute sa carrière de joueur au club. J'ai fait le déplacement à Croix. Emotionnellement et dans l'investissement, ça restera comme un des grands moments de ma vie. On ne compte pas les heures. Nous donnons quand il y'a besoin d'un coup de main. J'ai la chance d'avoir un patron à Saint-Evarzec, qui adore le football".

Notre salaire? C'est les copains, la fidélité à un club et l'ambiance

Au poste de sécrétaire-comptable, Isabelle, l'épouse de Pascal Laguillier, n'a pas arrêté, suite au tirage connu contre Guingamp. Les demandes ont fusé de partout sur la boîte mail du club. Le téléphone a chauffé dans tous les sens. " On finit sur les rotules. La semaine avant la vente, 1.000 mails de demande de places nous est parvenu. Le téléphone sonnait pratiquement tout le temps. Au bar des Glénan, 1.000 places ont été vendues dès le premier jour. J'ai connu l'aventure des quart de finale de coupe de France en tant que compagne de joueur avec Pascal avec le Stade Quimpérois et Ajaccio. Je suis maintenant de l'autre côté 25 ans après. C'est un engouement incroyable. En ville, ça ne parle que du match contre Guingamp. C'est de la folie". A la friterie, Daniel Bourhis est devenu un pilier de l'organisation. Arrivé par hasard, il n'est plus reparti en quinze ans. La pré-cuisson, la cuisson, le réassort, les commandes, il s'occupe de tout pour satisfaire la moindre faim des spectateurs et des joueurs. " Je m'occupe des quantités, des commandes et du ravitaillement. Je suis Concarnois. Maintenant, à la retraite, j'ai plus de temps libre alors c'est normal d'aider. Contre Dijon ou Niort, nous avons écoulé en quelques heures jusqu'à 450 kilos de frites. Notre salaire? C'est les copains, la fidélité à un club et l'ambiance"

Dans le staff technique de Nicolas Cloarec, Gilles Le Sellin et Marcel Marzin sont indissociables. Ils connaissent toute l'intimité du groupe, partagent des moments de vie, sont de tous les déplacements avec les joueurs Concarnois. " J'ai commencé dans les années 90 avec Jean-Yves Kerjean. Gilles a rejoint l'aventure en 2001. A chaque fois, je dis que c'est ma dernière et je replonge! Si le club monte en national, c'est clair, j'arrêterai! Je m'occupe des maillots, de les distribuer aux joueurs, de les ranger après les matchs, du nettoyage du vestiaire et du remplissage de la feuille de match. Grâce à l'US Concarneau, j'ai eu la chance d'être dans des endroits incroyables comme Mayotte, La Réunion ou les Seychelles.", précise Marcel Marzin. Quant à Gilles Le Sellin, il loue vraiment la bonne ambiance dans le groupe. " Le staff, les joueurs sont vraiment très chouettes. On est soudé. L'USC, de la présidence aux bénévoles, on le ressent comme une famille. Nous n'avons parfois pas de week-end car on revient parfois le dimanche soir mais la passion nous fait apprécier plus que tout ces moments de vie de groupe".

Une mise dans la lumière nécessaire et tellement justifiée

Joueur, supporter, bénévole, Edouard Georget cumule 28 ans de dirigeant. Arrivé en bénévole, en 1986, juste avant le fameux ouragan, il est resté d'une fidélité à toute épreuve pour un homme qui a l'US Concarneau dans les gênes. " Qu'est que vous voulez que je fasse d'autre? Mon grand-père était vice-président du club, ma mère tenait la buvette, mon père a joué pendant des nombreuses années. Je tiens à dire que j'ai été champion de D3 de district avec l'US Concarneau. Je me suis payé mon cadeau de retraite avec le déplacement à la Réunion. On a passé une superbe semaine avec Georges Olivier, l'ex-président, Raymond Cosquéric et son épouse".

A la buvette, Daniel a donné une trentaine d'année dans le bénévolat. Place stratégique, l'endroit est extrêmement réputé pour son ambiance toujours bienvaillante. A l'entrée du stade, c'est généralement le lieu des premières bises, poignées de main et discussion. " Je suis le responsable de la buvette. J'officie tous les week-ends, le samedi ou dimanche pour les matchs de jeunes ou les seniors. C'est l'amitié qui nous unit! C'est fatigant parfois. Je me rappelle encore du match contre Guingamp. Il y'avait 6.200 personnes. Nous avions fait 30 fûts de bière de 30 litres. On partage beaucoup de choses ensemble".

Dans leur histoire commune, leur ressemblance de caractère est frappante. Dans la retenue au départ, par une volonté de ne pas se mettre en avant, ils méritent au contraire d'être mis en lumière par un état d'esprit, une sympathie et leur fidélité au club. Forcément, à l'entrée des joueurs Concarnois sur le terrain, leur coeur battra fort. Une émotion forte les envahira, dans la tribune. Ils feront corps avec le groupe pour chauffer leur voix pour aller chercher une qualification en demi-finale de la coupe de France. En supporters, écharpe rouge et bleue autour du cou, ils vivront pour une de leurs premières fois un match dans le public, du coup d'envoi au sifflet final. 

Christophe Marchand

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