Les frères Djerbi: le tronc de l'arbre du FC Pleuven

Le 24/02/2017


Une composition d'équipe est comme un arbre, qui doit avoir un tronc solide pour pouvoir prendre de la largeur sur les côtés par ses branches, tout raméfiés à ce socle premier. L'axe 1-4-6-10-9 pour un entraîneur représente son cinq de base, ses joueurs forts, garant de l'état d'esprit collectif et d'une assise en cas de temps faible. Très souvent, les coachs choississent leur capitaine et relais sur le terrain parmi ses numéros ou zones de jeu. A Pleuven, l'axe 4-6-10 est occupé par trois frères, les Djerbi, David, l'aîné en défense central et capitaine, Sami, le chien fou du milieu et avaleur de kilomètres et Anis, le créatif, celui qui distille les dernières passes décisives dans le jeu. Face au TGV, en match en retard, ce dimanche, Anis était absent. Ca s'est vu dans un collectif qui a peiné pour trouver des intervalles de jeu dans un bloc hyper-resserré et combattif adverse.

Sami et David Djerbi, attachés comme leur frère, Anis au FC Pleuven.

Viscéralement attaché à Pleuven, nés au stade pour Fred Goarin, le co-entraîneur senior de l'équipe, David, Sami, Anis Djerbi possèdent une vertu indissociable avec le club. A l'image des frères Annaix à Saint-Thois, quatre dans l'équipe première. Ou des frères Christien, Romuald, Olivier ou Arnaud, ex-joueurs et dirigeants au FC Pleuven. De mère Pleuvennoise et de père Tunisien de Monastir, la famille s'est unie en Belgique, pays de naissance de David, l'aîné avant de revenir aux sources à Pleuven. " Notre grand-mère et mère sont de Pleuven. Nous avons toujours joué dans ce club depuis l'école de football. Je ne suis pas un acharné de football. Contrairement à d'autres, je ne le regarde pratiquement pas à la télévision. Pleuven, c'est un attachement, une fidélité. J'ai toujours agi ainsi: quand je me plais dans une entité, j'y reste. Comme au travail, ou au club", soutient David Djerb, leader de jeu de cette équipe. 

A ses côtés, Sami Djerbi est le marathonien de cette équipe. Il compense, il râtisse, il élimine dans des petits périmètres. Sur ce profil, Pleuven dispose son " Gattuso", à ce rôle de milieu défensif. " C'est le chien fou de l'équipe. Il court pour quatre", souligne Fred Goarin. " Nous avons grandi ensemble. Notre attachement à Pleuven est lié à un groupe d'amis et la bonne entente. Nous sommes présents tous les trois dans le bureau et donnons de notre temps, le week-end pour encadrer nos équipes jeunes. Nous avons beaucoup reçu de nos différents éducateurs et il est normal de rendre à l'âge adulte. Locminé? Autant en coupe de France, face à Trégunc au 4ème tour, il n'y a pas eu photo. Autant là, les regrets sont là. On a deux balles de 3-3. Si nous les amenons en prolongations, on serait passé sur l'envie et l'énergie".

A ses côtés, son grand-frère maugrée toujours ce match de 16ème de finale de la coupe de Bretagne. " On s'imaginait à une grande fête en tant que dernier représentant du district en Bretagne. Malheureusement, la ligue n'a pas posé un arrêté général. Nous avons joué face à 90 spectateurs (sic). Ce match, je l'ai toujours en travers de la gorge. A la mi-temps, nous nous sommes regardés conscient qu'ils n'avaient rien de supérieur. En senior, j'avais deux ambitions: faire un 4ème tour de la coupe de France et une montée historique en ligue. J'ai réalisé une partie, cette année. Il nous reste à mettre le club pour la première fois en ligue".

Avec une colonne dorsale solide, habituée au rythme de la D1, étoffé par des éléménts à l'expérience supérieure comme l'attaquant Nicolas Le Floch, le FC Pleuven s'appuie de cette image familliale et enracinée pour se solidifier à l'étage de la D1. Quatre ans après leur montée, après des premières années difficiles, les Pleuvennois ont passé un cap et palier. Leur parcours en coupe de France et de Bretagne dénote de leur qualité et d'un état d'esprit. Dans les prochaines années, Pleuven peut passer ce fameux échelon encore inconnu dans l'organigramme senior du club.

Christophe Marchand