Le 06/01/2021

SOUVENIRS & NOSTALGIE : Romain Bureller, le roi Bubu

8 octobre 2013. Dans le Sud-Finistère, Romain Bureller, 26 ans, est un joueur qui ne peut laisser indifférent les amoureux du ballon rond. Dans un rôle décroché de meneur de jeu, le Pont l'Abbiste fait partie des tous meilleurs quand sa condition physique le laisse tranquille. Sens de l'anticipation, qualité unique de la dernière passe, générosité sur le terrain, il rayonne dans son cercle d'action du milieu de terrain. La génération en or 1984-1987 du FC Pont l'Abbé ne doit pas laisser passer sa chance face à l'US Concarneau (CFA), de se prouver et prouver qu'elle vaut mieux que la DRH.

Romain Bureller et les Pont l'Abbistes seront fortement motivés pour gommer les cinq divisions d'écart face à l'US Concarneau   

En 1896, l'auteur dramatique Français, Alfred Jarry s'était couvert de gloire, à 23 ans en écrivant la pièce Ubu, Roi. A Pont l'Abbé, le roi du milieu de terrain s'appelle Romain Bureller, affectueusement affublé du surnom de "Bubu", par ses coéquipiers. Artiste de la balle, il est redoutable dans l'anticipation du jeu, devinant à l'avance le déplacement de ses partenaires. A 7 ans, lors d'un match amical, en 1962, Michel Platini avait déjà compris cette subtilité du jeu en regardant le Hongrois du FC Barcelone, Laszlo Kubala, effectué une transversale à l'aveugle. " Il a vu avant d'avoir la balle", lui avait alors confié son père, Aldo. Un numéro 10, à l'ancienne, doit posséder cette qualité rare de percevoir avant les autres pour ajuster des passes qui surprendront l'adversaire et raviront ses partenaires. Romain Bureller est un joueur de différence. " Le jeu d'un numéro 10 est de faire jouer les autres. Comme beaucoup, j'ai tendance à beaucoup garder la balle ou je m'en débarrasse trop vite en voulant être dans la création, tout le temps. C'est tout l'intérêt de ce poste de trouver un juste milieu entre ces deux propositions. Notre problème vient du fait qu'on joue trop quand nous avons la balle et pas assez quand nous ne l'avons pas. Il nous faut créer ce mouvement en permanence, dans notre animation défensive. On joue au foot pour vivre des moments comme ce week-end. Concarneau, c'est la meilleure équipe du Sud-Finistère, le meilleur club chez les jeunes. Il y'aura plein de monde au stade. Ca sera la fête du club et du pays Bigouden", concède Romain Bureller.

Viscéralement attaché à son club depuis ses sept ans, hormis un intermède de deux ans à Plouzané (2008-2010, DH), Romain Bureller avoue avec franchise s'être reposé trop sur ses acquis, ces dernières saisons. Avec Ronan Simon - le meilleur entraîneur au club, sur ces dernières années - il a retrouvé ce plaisir simple de toucher le ballon. " Le foot, c'est une affaire de sensation. Dès l'échauffement, tu peux percevoir que tu feras un grand match, rien qu'au toucher de la balle. Depuis quelques années, je stagne. En DSE et DH, à Plouzané, je faisais trois séances par semaine. Là, j'en suis plutôt à deux. Ronan Simon a cette mentalité de professeur d'EPS, différente d'un diplômé fédéral. On joue beaucoup au ballon sur des jeux à thème, lors des entraînements. Il impose un esprit de compétition sur chaque séance. Notre défaut de notre génération est que nous n'avons jamais été poussé dans nos retranchements en jeunes. Nous gagnions même si nous étions mauvais. En senior, nous avons payé ce manque d'ambition globale".

A ses côtés, le jeune président du FC Pont l'Abbé, Antoine Tincq, 29 ans, se félicite de ce changement perceptible de mentalité au club. Ayant la réputation d'être une équipe agréable à voir jouer, mais lymphatique dans sa combativité, le FC Pont l'Abbé a trop longtemps été un fleuve tranquille, avec un faible débit de compétition et d'esprit de sacrifice. Pour atteindre les objectifs, tout groupe doit à un moment donné toucher à ses limites mentales et physiques. Le club Bigouden possède dans son effectif, des joueurs dont la qualité technique est faite pour la DSE, voir la DH, mais la frustration est grande de réécrire dans son bulletin sportif de fin d'année " Elève doué qui se contente du minimum". " Ronan Simon nous révèle nos faiblesses. On s'est contenté de peu sur ces dernières années. On manque de culture de la compétition. Il nous transmet son ambition. On veut cultiver cette volonté de gagner partout et franchir un palier dès cette saison. Nous avons fait beaucoup de travail sur notre formation pour retrouver des équipes jeunes, à moyen terme en ligue", explique Antoine Tincq.

Le FC Pont l'Abbé ne doit pas être le Godot du Sud-Finistère

A l'instar de l'équipe de France, la génération 1984-1987 du FC Pont l'Abbé, avec les Mikaël Caoudal (AS Plobannalec-Lesconil), Kevin Sevignon, Erwan Bernard, Marc Primot, Justin Queré, Pascal Piscitelli (Plozévet), David Le Bleis (Plobannalec-Lesconil), Romain Bureller, Vincent Lucas sera-elle à l'image de Godot, ce personnage illustre de théâtre de la pièce de l'auteur Irlandais, Samuel Beckett dont on attendait des merveilles mais qui s'est toujours défaussé sur son chemin. Le FC Pont l'Abbé ne doit pas être le Godot du football dans le Sud-Finistère car ce club a trop de talent pour rester dans l'anonymat et se cantonner dans un rôle de figurant. Au contraire, il doit se battre pour avoir une longue tirade sur le devant de la scène. Le football dans le Sud-Finistère a besoin de locomotives. L'US Concarneau en est une, le FC Pont l'Abbé doit raccrocher les wagons de cette ambition sportive pour être un des acteurs majeurs du développement de notre sport dans le département. Ce match de gala face à l'US Concarneau est l'occasion rêvée pour replacer sur la carte, le FC Pont l'Abbé dans les clubs moteurs du Sud-Finistère. Le patient endormi doit sortir de sa léthargie pour galvaniser le pays Bigouden. Le meilleur remède à sa guérison serait de sortir un vrai match d'homme et de coupe face à l'ogre Concarnois. Car si le physique et le mental suivent, le FC Pont l'Abbé possède assurément sur ces qualités techniques les moyens de créer l'exploit face à Concarneau.

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