Jean-Marcel Guillas, Little Big Man

Le 26/01/2017


A un âge canonique pour le sport de haut-niveau, le Quimpérois, Jean-Marcel Guillas, 51 ans, défie le temps, qui semble n'avoir aucune prise, ni d'emprise sur sa vitalité ou motivation. Multiple champion du monde dans la catégorie personnes de petites tailles, il est en route pour ses quatrièmes championnats du monde, au Canada, à Guelph, du 5 au 12 août 2017. Sacré dans des sports aussi divers que l'haltérophilie, le lancer de poids ou le tennis de table, il chassera encore les médailles, dans sa catégorie des vétérans. Comme à son habitude, avec cette mentalité particulière qu'il le fait se surpasser en compétition.

Jean-Marcel Guillas, au championnat parabadminton de Quimper

Une partie de la délégation française en partence pour le Canada en août.

Baptsite Guillas, 13 ans, suit les traces de son père.

La modestie de Jean-Marcel Guillas est grande, tant elle lui fait oublier par omission volontaire ses titres de multiples champions du monde, en plusieurs disciplines sportives. Son caractère le pousse à une discrétion. Il préfère plus mettre en avant l'ensemble de l'association Nano France sport que de prendre la lumière. Son partenaire dans l'association, le Francilien, Othmane El Jamali, en parle comme un exemple au service d'une cause élargie. " Jean-Marcel est vraiment un exemple dans sa détermination et son envie. Nous faisons du sport dans l'anonymat. Beaucoup de sportifs de petites tailles redoutent de se confronter au regard extérieur alors ils préfèrent éviter le sport ou le font tout seul en solitaire, presque cachés. On recense 10.000 personnes de petite taille en France (-1,50 m). Seulement 250 sont licenciés dans le sport, soit 2,5%".

Jean-Marcel, tout comme son fils, Baptiste, font partie de ces 2,5%, qui ont fait dans le sport en club un nécessaire moyen d'expression et une source d'épanouissement personnel. A 13 ans, Baptiste Guillas suit les traces de son père en ayant goûté très tôt aux championnats du monde, dès 8 ans, en 2009, à Belfast en Irlande du Nord. A l'instar de son père, il a déjà commencé une collection de médaille au plus haut-niveau. Au Canada, il fera partie de la délégation française, avec une réelle chance de médaille au tennis de table, comme son récent titre en double de champion du Finistère, à Quimper, en minimes.

Nous sommes simplement heureux de nous retrouver et d'avoir une certaine forme de reconnaissance dans le sport

Ayant été licencié en D2 à l'ASC Baden, dans le Morbihan, en football, dans sa vingtaine, Jean-Marcel Guilas est arrivé à Quimper, pour le travail en 1994. Deux décennies plus tard, il a enrichi sa palette sportive en étant licencié à l'ASEA Basket ou au Quimper Cornouaille Tennis de Table. Capable de passer 70 kg au développé-couché, en haltérophilie, comme de remporter une médaille de bronze au football, ou l'or au lancer du poids, Jean-Marcel Guillas est un phénomène. A fond dans l'association France Nano Sports, qui relaie l'initiative d'une délégation française aux Mondiaux de petites tailles, il a déjà en tête le Canada avec une vingtaine de sportifs français. " Nous avons comme objectif de partir à 20. Pour ceci, nous recherchons de l'aide car le financement est lourd, autour des 2.000 &euros; par sportif. Nous sommes simplement heureux de nous retrouver et d'avoir une certaine forme de reconnaissance dans le sport", précise Jean-Marcel Guillas.

A quelques mois de ces quatrièmes mondiaux, de sa cérémonie d'ouverture, de son porte-parole, et de la Marseillaise célébrant chaque médaille, le Quimpérois, Jean-Marcel Guillas véhicule les valeurs de son sport. Sans se mettre en avant, il réussit à passer bien des obstacles en représentant un modèle de courage, de passion et d'adversité, tout ce que le sport dans son essence chérit et apprécie.

Christophe Marchand

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