Christian Gourcuff: " Quimper mérite une équipe d'un niveau supérieur"

Le 12/10/2016


Le temps d'une soirée automnale, Cendrillon est repassée sur le berceau de Penvillers, redonnant de la vie à un endroit considéré en jachère sportive depuis presque 30 ans. Le " Jump" de Van Halen qui marquait l'apparition des joueurs s'en est allé, comme son cortège de haut-niveau. Aujourd'hui, Quimper s'illustre par le record de la préfecture française la moins bien placée en football, juste devant Digne Les Bains en promotion d'honneur. Un constat terrible qui part d'une lourde responsabilité commune. Les virages pris n'ont pas été les bons, à tous niveaux, clubs, formation, économique et politique. En 2015/2016, Quimper, 3ème ville de Bretagne avec 65.000 habitants, joue en DRH dans la même cour de jeu que Bodilis, commune du haut-Léon de 1613 habitants. En donnant la parole à deux noms du football breton, Christian Gourcuff et Yvon Le Roux, le constat est le même: Quimper mérite bien mieux et une sensation de gâchis forcément clivant à la lumière de l'attente populaire pour un retour du football professionnel à Penvillers. 4.000 à 4.500 pour une rencontre amicale sans enjeu, le public cornouaillais a faim de football à ce niveau. En poussant à cette initiative, les dirigeants qimpérois ont frappé fort en montrant au grand jour, que le football restera toujours le sport n°1, le plus populaire par excellence, à Quimper comme ailleurs. Les politiques, les acteurs économiques, les dirigeants et les clubs doivent maintenant trouver un consensus pour faire repartir Quimper à un niveau conforme à la taille de ville. 

A l'issue de cette soirée positive marquée par la victoire du Stade Rennais sur le Stade Brestois (1-0), Penvillers a revécu l'espace de 90 minutes de football à haut niveau. Un vide d'une décennie comblé par ce match de gala, une victoire pour l'association Oligocyte, en lutte contre les tumeurs cérébrales et le Quimper Kerfeunteun. En une soirée, le Quimper Kerfeunteun FC s'est distingué par l'organisation de la plus forte manifestation sportive de la ville de Quimper, pour l'année 2016. " Je ne suis pas le mieux placé pour juger. Quand je viens ici, je retrouve Penvillers comme je l'ai connu 20 ans avant. Rien n'a changé. C'est juste le niveau sportif qui a changé. Ce qu'on se dit de l'extérieur, c'est que Quimper mérite vraiment une équipe d'un niveau supérieur. Il y'a Concarneau qui a pris le dessus. Pourtant, le potentiel existe à Quimper pour une équipe. C'était vraiment les Quimpérois qui sont venus ce soir. Il y'a matière à faire quelque chose même si je n'ai pas les tenants et aboutissants sur la situation. Au niveau amateur, on est obligés de partir des jeunes. Après, il faut les accompagner par des joueurs plus expérimentés. Quand on se rappelle des soirées de D2, ici, ça fait un peu triste la situation du football à Quimper", commente l'entraîneur du Stade Rennais, Christian Gourcuff.

Un avis doublé par celui du champion d'Europe 1984 et résidant Kerfeuntinois, Yvon Le Roux. " Quimper devrait au minima avoir une équipe en CFA. Quand je vois Penvillers, ce soir, je me dis que les gens en ont vraiment besoin. Ils ont un plaisir de se retrouver, de se voir après une semaine de travail ou d'études. Mes meilleurs souvenirs à Penvillers? Les derbys avec Brest, quand je me trouvais au marquage de Jacky Castellan. Le club phare du Finistère-Sud est Concarneau, qui a mis tout en oeuvre pour arriver à leur niveau d'aujourd'hui. Le club aurait dû être sauvé à niveau CFA/CFA 2. Repartir en DRH, c'est extrêmement compliqué. C'est un niveau presque trop bas".

Penvillers deviendra-il une version minuature du Stade de France? C'est à dire qu'il ne vivra que quelques dates par an pour de l'évènementiel "One Shot". Pour l'instant, c'est le cas depuis quelques années depuis la fin de l'aventure CFA du Quimper Cornouaille. Avec la volonté du staff technique du Quimper Kerfeunteun, Ronan Salaun à sa tête, de jouer tous les matchs de l'équipe première, sur le terrain en herbe de Penvillers, cette décision a eu le mérite de quitter le confort du synthétique pour retrouver l'essence du football, l'herbe et une enceinte sportive, qui ravive les mémoires. En retissant le fil d'Ariane du club, le Quimper Kerfeunteun FC a séduit une partie de la population football en Cornouaille. Cet essai méritera une transformation dans un essor global du niveau du football, à Quimper, sur les cinq prochaines années.

Christophe Marchand