Sofiane Seddouk, l'étoffe d'un leader

Le 10/01/2017


A sa sixième année au Quimper Italia, Sofiane Seddouk a fait taire les sceptiques à son arrivée au club en 2010. " Au départ, Michel (Cioce), le président, ne voulait pas que je signe au Quimper Italia. Je payais un caractère impatient, prêt à s'enflammer à tout moment". Non seulement, son intelligence, sa compréhension du jeu sont un sacré atout dans le jeu du Quimper Italia mais son côté impétieux a fortement diminué après trois saisons sans prendre le moindre carton jaune. Dans une équipe portée par les fulgurences et vers l'avant, il est celui qui canalise le groupe, tient sa zone de jeu, ratisse, replace les autres et donne le rythme juste. A l'instar de l'époque galactique au Real Madrid, quand le focus était fait sur le joueur le plus important à l'équilibre de l'équipe, le joueur cité instantanément était Claude Makelélé. Pour Sofiane Seddouk, joueur de l'ombre dans la brillance du Quimper Italia, son importance est plus grande qu'on ne le croit originellement.

Une discussion avec Sofiane Sedouk est sûre d'être passionné autour du football, avec une vue globale de la tenue de son équipe. Ayant pris le vice du football dès le plus jeune âge, il a tourné dans les clubs quimpérois, à l'Etoile de Penhars, aux Aiglons, au Stade Quimpérois, à l'ES Kerfeunteun, à l'Atlas, même à l'US Concarneau, un an à l'arbitrage. Son expérience au sifflet l'a rendu amer sur la manière de fonctionnement général. " Il manque des arbitres en France mais il faut se poser les bonnes questions au départ. Ca me plaisait vraiment! A 15 ans, quand on est jeune arbitre, on fait forcément des sacrifices par rapport aux jeunes de notre âge. Est-ce que c'est normal d'envoyer des jeunes à 1h30 de leur domicile quand il débute à peine au sifflet? Je voyais plein de matchs à arbitrer à dix minutes de chez moi, à chaque fois, on m'amenait à diriger des matchs sur Crozon et en presqu'île. Deux ans après, je suis sorti dégouté de la façon de faire des instances pour les jeunes", souffle Sofiane Seddouk.

L'homme n'a pas la langue dans sa poche. Comme sur le terrain, il pense global avant de se mettre en avant, persuadé qu'il peut faire avancer les choses par des détails maîtrisés. Sa courte déviation sur Mohamed Zahafi, décisive dans le process du deuxième but azzuris face au Quimper Ergué-Armel a été faite dans le rythme et le sens du jeu. Son plaisir du jeu ne se limite pas aux deux à trois séances hebdomadaires mais aussi dans le futsal, à la halle des sports de Penhars, le lundi soir, avec l'association Amazigh. Après deux ans où le Quimper Italia a donné sa pleine mesure avec deux montées consécutives de D1 en DRH, l'équipe première arrive à un palier. " La montée est possible. On est moins bien cette année. Il manque de l'envie mais nous ne sommes pas décrochés. On est à trois poins de la première place. Dès la rentrée, il faut faire une série. Sur les quatre matchs de reprise, nous devons en accrocher trois"

Monté en ligue en 2014/2015, après une saison sans défaite en championnat, le Quimper Italia a profondément modifié son effectif en ajoutant de la qualité à chaque poste. " Même s'il ne reste pas beaucoup de joueurs de cette équipe, je persiste à penser que notre équipe de D1 était aussi forte que celle d'aujourd'hui. Avec Christophe (Pincemin), nous devons être les plus anciens de l'équipe. Je suis attaché au Quimper Italia. C'est mon club dans lequel on met beaucoup d'énergie".

Ayant raté une partie de la préparation estivale, il avait perdu sa place de milieu défensif en première partie de saison. " Je suis là pour la gagne pas pour briller. Je laisse ça aux autres. Je ne suis pas un buteur, je n'ai pas les qualités de certains. Je pars de la D2 jusqu'à la DRH. Un joueur m'impressionne depuis son retour, Momo (Mohamed) Zahafi. Il est partout en milieu de terrain. Je joue pour l'équipe, une fois au centre en milieu, un autre en arrière latéral même gardien de but comme face à la Stella Maris en coupe de Bretagne après l'expulsion de notre gardien titulaire (rires)".

Avec ces racines maisons, Sofiane Seddouk, 28 ans, est maintenant une voix qui compte dans l'équipe. Elle rappelle que cette équipe est partie de la D2 avant de grimper dans les échelons du football amateur. Sa poussée, avec ses tumultes, comme l'arrêt en cours de saison des entraîneurs comme Sébastien Le Naour ou Lahaouri El Ouariachi, sera dépendante d'une façon collective de penser leur football. Dans chaque ligne du terrain, le Quimper Italia possède du talent en nombre, il reste à remettre du ciment entre les lignes pour profiter de ce tremplin de la DRH pour aller encore plus haut.

Christophe Marchand