Le 12/01/2021

Walid Laaguid, l'obstiné

Meilleur buteur du groupe B de D1, avec l'équipe réserve du Quimper Kerfeunteun, à égalité avec Xavier Darcillon (Edern Sports), Walid Laaguid, 25 ans, n'a réellement que dix ans de football. Quand d'autres à son âge totalisent déjà une dizaine de licences supplémentaires en club, au compteur. Source de complexe, à son départ à 15 ans au GJ Quimper Sud, il a révélé un caractère obstiné chez Walid Laaguid, d'en faire toujours plus que les autres, afin de rattraper son retard. Cette faim insatiable se traduit par une envie d'apprendre, de connaître et de progresser. En commençant en D4 senior avec le Quimper Penhars à 17 ans, en N3 avec les Paotred Dispount, quelques années plus tard, jusqu'à une proposition de contrat de cinq ans par un club professionnel marocain, en D2 ( le MAS de Fès, aujourd'hui en D1), le Quimpérois présente un parcours hors-champ, complètement à contre-courant. Son caractère est en fer forgé, se renforçant par les attitudes nécessaires au haut-niveau. De retour au Quimper Kerfeunteun FC, à l'arrivée en fonction d'Eric Gaillard, en Août 2018, il dégage cette nécessité de l'absorbtion du détail, qui fera aussi la transformation de cette équipe du QKFC de bonne à très bonne équipe.

Légende: Walid Laaguid, meilleur buteur de la poule B de D1 avec 5 buts en 4 matchs. Crédit photo: Philippe Sizorn, QKFC

" La différence entre un joueur moyen et un bon joueur est sa capacité à s'intéresser à son sport. A notre niveau, tout le monde sait courir et dribbler. Pour qu'un joueur puisse évoluer plus haut, il doit s'intéresser, s'instruire, apprendre des autres. Le football à haut-niveau, ce n'est pas que du détail, mais ce détail, c'est énormément de travail", explique Walid Laaguid.

Sa réflexion n'est pas neutre. Elle rentre dans un parcours individuel, qui a du beaucoup s'interroger et réfléchir pour rattraper les autres. " Nous avons beaucoup de jeunes joueurs de qualité au Quimper Kerfeunteun FC, mais il y'a beaucoup trop d'impatience. Aujourd'hui, les jeunes veulent tout, tout de suite. Le football, comme partout, demande une constance et une patience. Ca ne se juge par sur quelques matchs, mais sur un temps long. A la base, je suis un joueur techniquement moyen, qui compense par un gros volume physique avec une VMA à 23. Je ne suis bon que dans l'enchaînement des matchs. Je ne suis pas prétentieux mais quelqu'un qui a joué plus haut, doit nécessairement et obligatoirement faire la différence en jouant à un niveau plus bas", affirme Walid Laaguid.

Titulaire au premier match des Paotred Dispount, face à Locminé en DH (victoire 2-0), Walid Laaguid affiche un bilan étonnant pour quelqu'un qui a commencé sur le tard le football. Une victoire en U17 à la coupe Paul Craff, doublé en finale face à l'US Trégunc, une autre en U19 toujours avec le GJ Quimper Sud, en finale face au GJ Ergué-Gabéric, trois montées en senior avec les Paotred Dispount: ce talisman des accessions a été marqué par plusieurs formateurs dans sa carrière. " Les premiers qui ont crû en moi ont été Thomas Le Reste et Kamel Haddu, au Quimper Penhars FC. Ils m'ont donné cette envie et cette culture du football que je n'avais pas. Après, Cédric Colin au Quimper Kerfeunteun FC et Florent Philippe aux Paotred Dispount. Les Paotred Dispount a été le club où j'ai le plus appris. Notamment dans la cohésion d'un groupe, et la mise au service d'un collectif. Le groupe est le plus important. C'est de ce lien collectif que naissent les grandes équipes. On se battait les uns pour les autres, avec un groupe qui se connaissait par coeur. Et un monstre devant avec Matthieu Le Roux..., mais aussi des guides pour moi, comme Jordan Celton, Ludovic Perennec, Christophe Gourmelon, Marc Labat.....".

Après une préparation de deux mois et demi avec le club marocain de Fès (D2 Maroc) et un contrat de plusieurs années, Walid Laaguid décide en Août 2018 de ne pas le signer et revenir en simple joueur amateur au QKFC, motivé aussi par l'arrivée d'Eric Gaillard, à la tête du groupe senior du Quimper Kerfeunteun FC.

" Ce club du QKFC est à son début de cycle. Quand je l'ai quitté, il était au niveau des Paotred Dispount, en DSR. Quand je suis revenu, c'était devenu un club banal, qui ne pouvait pas prétendre à une accession car il fallait créer d'abord un groupe sur plusieurs années (NDRL: Le club accédait alors à la R2, avec un titre de champion R3). A cette intersaison, le club a attiré deux Top joueurs avec Florian Pennaneach ( le meilleur gardien du Finistère) et Herman Koré, un ancien joueur de National. Le club garde une stabilité tous les ans et attire maintenant des Top joueurs extérieur. On bâtit un groupe dans la durée. L'arrivée du groupe Locarmor, des éducateurs reconnus comme Yvan (Le Cleach), Michel (Goarin) ou Saif ( Basli) changent complètement l'image du club. Maintenant, nous devrions être en haut du tableau en A ou B en senior si nous avions été efficaces et concentrés. Les matchs, c'est toujours du détail. Par contre, les entraînements, ça ne le sont pas car on peut corriger et s'améliorer sur ce détail. Le QKFC a du retard dans les entraînements. Si on veut prétendre rattraper d'autres clubs et regarder plus haut, il faut accroître nos outils ( vidéos, travail par poste, investissement) et passer à trois entraînements par semaine. On doit avoir cette rigueur, deux entraînements à mon avis, ce n'est pas suffisant, il faut tendre vers 3 ou même 4. Ce n'est pas facile à caser dans les agendas, c'est propre à chacun, mais le club ne pourra progresser en l'état actuel de sa culture des deux entraînements, en senior. Nous devons trouver la motivation, les bonnes personnes et se donner les moyens de décrocher les titres et victoires", conclut Walid Laaguid.

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