12/05/2026

Antoine Bergot, le JPP du Stade Plabennécois

Privilège de l'âge, le football se résume maintenant à plusieurs décennies de souvenirs. Très souvent, le sport se fixe, parfois se fige pour la majorité des gens à des souvenirs d'adolescents, une bibliothèque intérieure "Madelaine de Proust" qui active et rafraîchit la mémoire, le temps furtif d'une action à un joueur d'antan. Avec Antoine Bergot, dès qu'il a déclenché deux frappes, à la mi-février, face à la Stella Maris Douarnenez, en 16ème finale de la coupe de Bretagne, les deux des 30 mètres, une au fond des filets et l'autre tapant sur la barre de Pierre Larnicol, il y'a eu comme un flash, l'impression de revoir Jean-Pierre Papin, dans sa spontanéité, dans la qualité de ses frappes, et une gestuelle presque mécanique et chirurgicale ( avec des heures et des heures de travail après les entraînements pour Jean-Pierre Papin, avec notamment Alain Casanova, troisième gardien à l'époque à la Commanderie, dans son passage marseillais). Comme Jean-Pierre Papin, Antoine Bergot reste dans la dizaine du 1,70 m, il a en commun une jovialité et une joie de jouer au football qui transpire par son attitude. On va se le dire, Antoine Bergot, c'est vraiment une chouette personne, qui encore ce samedi soir, a fait passer des frissons dans la défense de l'AG Plouvorn. En filou, en première mi-temps, en devinant la déviation de Nicolas Pellen, du bout du crâne, pour griller la priorité à son défenseur et la glissant au fond, et en deuxième mi-temps, une frappe puissante et à ras du sol a failli passer face à Aurélien Déniel ( ça serait peut-être passé face à un autre gardien) ou encore un tour de passe-passe en passant deux/trois défenseurs plouvornéens, avant de tenter un piqué qui ne passa pas face au mur visiteur. Comme libéré depuis son repositionnement sur le côté gauche de l'attaque, qui correspond au 16ème finale de la coupe de Bretagne, à la mi-février, face à la Stella Maris Douarnenez, Antoine Bergot, 21 ans, s'est littéralement transformé sur la poule retour, en enquillant les buts. 18 au total maintenant, et un détail qui ne trompe pas, alors qu'il était souvent remplacé par son coach, Yann Pennès ( parfois dès la première demi-heure de jeu, comme au match aller à l'AG Plouvorn), il ne l'est plus, preuve que le regard sur ses performances a inévitablement changé, avec son nouveau positionnement, qui lui sied à merveille.

Légende: Auteur d'une grosse poule retour, depuis son replacement charnière sur le côté droit de l'attaque face à la Stella Maris Douarnenez, Antoine Bergot est dans une forme resplendissante sur cette fin de saison.

" Je suis meilleur au poste actuel parce que j'ai un profil où j'aime bien m'effacer, et me faire oublier par les défenseurs. Je suis un joueur qui préfère être face au jeu que dos au jeu. En numéro 9, à notre niveau, je suis toujours dos au jeu, quand je suis sur mon côté gauche, je prends le ballon face au jeu, en pouvant rentrer ou aller sur l'extérieur. Je peux combiner, rentrer sur mon pied droit, j'ai l'impression d'avoir plein de possibilités dès que j'ai la balle."

Placé sur le côté gauche, avec Nicolas Pellen qui tient le plus souvent l'axe, et Nathan Madec, sur le côté droit, Plabennec applique souvent trois joueurs d'attaque dans sa ligne de départ. Meilleure attaque de ce championnat avec 62 buts inscrits ( près de 3 buts par match), le Stade Plabennécois est une équipe joueuse qui aime à jouer sur plusieurs registres possibles.

" La frappe de balle? Je ne la travaille pas du tout. C'est inné? Je l'ai toujours eu, depuis que j'ai commencé à marcher, j'ai frappé avec mon père ( Yves) dans mon jardin. Je ne faisais que frapper, frapper, frapper. J'étais même pas debout que je frappais déjà. Je suis droitier, j'ai pris une technique de frappe singulière dès que j'étais petit. Elle est flottante souvent, et je ne sais même pas comment je fais pour la rendre flottante. Je n'ai aucune explication. Je tire, il y'a de la puissance, je sens qu'elle flotte, mais je ne sais pas comment je fais pour qu'elle parte bien. Et quand j'essaie de reproduire les mêmes frappes à l'entraînement, je n'y arrive pas", précise Antoine Bergot.

Ayant démarré le football à l'école de football du FC Gouesnou, pour rejoindre ensuite le Stade Plabennécois, passé bizarrement entre les mailles du filet du Stade Brestois ( quand on connaît les liens étroits entre le Stade Plabennécois et le Stade Brestois 29) pour rejoindre ensuite l'En Avant de Guingamp (B), pendant quatre ans, il a enquillé une bonne partie de ses 18 buts au compteur sur sa poule retour, en étant quasiment décisif à tous les matchs sur les deux derniers mois.

" Quand je ne me pose aucune question, mon pied se place automatiquement. Les coups francs? J'en tape quand Jérém' ( Pinvidic) me les laisse. C'est pareil sur coup-franc, le ballon est arrêté, et j'ai plus de mal quand le ballon est arrêté, parce que je réfléchis trop à où la mettre. Dès que le ballon est en mouvement, je ne réfléchis plus et là, ça part de suite. J'en ai une en seconde période, mais il était très bon leur gardien à Plouvorn. Depuis trois/quatre mois, je fais tous les matchs, et ça fait du bien dans la tête, pour la confiance. J'adore cette fin de saison, je n'ai pas envie que ça s'arrête, je prends énormément de plaisir, cette année"

Une place pour quatre prétendants, le Stade Plabennécois voulait être là à l'emballage final, avec une distribution encore de neuf points, les Rouge et Blanc n'ont pas le calendrier le plus favorable, avec deux gros déplacements à venir dans le Morbihan, mais a le mérite de connaître l'équation de départ, à savoir aller chercher trois victoires pour être assuré de l'unique montée en N3.

" On a une grosse fin de saison avec l'US Montagnarde et le Stade Pontivyen. On a vrament hâte d'y être, ça va être top. C'est des matchs qu'on attend, on fait du foot pour vivre dans sa vie des machs comme ceux-là. On va y aller avec beaucoup de force et de conviction pour faire quelque chose de bien", conclut Antoine Bergot. En gardant encore au chaud quelques unes de ses "Papinades", Antoine Bergot et le Stade Plabennécois joueront crânement leur chance jusqu'au bout de ce championnat, la remontée en National 3 n'est plus qu'à 270 minutes de distance.

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