Le 29/06/2022

Le top 10 des raisons d'aimer l'athlétisme

C'est Emmanuel Fouchet, ex-entraîneur du Quimper Volley, éternel insatisfait, perfectionniste devant l'Eternel et donc souvent remonté contre ses joueuses qui m'avait un jour soufflé entre deux ronchonnements. "Tu comprends, je viens d'un milieu, l'athlétisme, où prime la perfection du geste". Je ne pus qu'acquiescer ! C'est qu'avec l'athlé, on remonte aux origines du sport, à la plus belle, la plus exigeante, la plus parfaite des disciplines. Oui, la plus belle et pour celles et ceux qui n'en seraient pas encore convaincu(e)s, je suis allé interroger vendredi soir sur la bonne vieille piste de Penvillers, lors du meeting du club, quelques athlètes connus ou moins connus. La question posée ? Toute simple, j'allais dire toute nue comme les premiers athlètes car dans la Grèce antique, pas de semelle carbone, pas de combinaison magique,  pas davantage de moteur caché, on est tous sur un pied d'égalité, on concourt nu comme au premier jour. La question donc posée à chacun : Donne-moi LE TOP 10 des raisons de pratiquer et d'aimer l'athlétisme.
 

Légende: De multiples raisons d'aimer l'athlétisme, qui ramène à l'essence du sport et permet de toucher ses limites, et même de les dépasser. Crédit photos: DR

"Ce que j'aime dans l'athlétisme, c'est la compétition en elle-même, l'esprit de compétition, l'idée d'être le plus fort", m'a répondu sans ambages Hugo Biget le sauteur en longueur du Quimper Athlé, nous ramenant ainsi aux origines et à l'étymologie du mot athlétisme. Oui, l'athlétisme, c'est d'abord la lutte, le combat, la confrontation. "La confrontation positive" précise Segui-Alan Jaouen, autre sauteur en longueur du QA exilé celui-là à Toulouse. "Car l'adversaire n'est pas non plus un ennemi". Ce qu'a compris depuis longtemps la Lesnevienne Laëtitia Bleunven qui voit ses concurrentes comme des alliées suceptibles de l'aider à repousser ses limites.

"L'athlé, on le pratique pour le plaisir de courir, tout simplement"... avancent encore Laëtitia Bleunven et Claire Le Bellec, spécialistes du demi-fond, qui nous renvoient aux fondamentaux de l'athlé.  Eh ! bien ! oui, il y a du plaisir à courir, sauter ou lancer... Chacun(e) à son échelle l'a un jour expérimenté en dehors même des stades d'athlétisme. Hugo Biget parle de "l'adrénaline que cela procure" ; la Brestoise Pauline Nonnotte elle, confie son addiction à "la course à pied qui rythme son existence."

Plus étonnant : à écouter les uns et les autres, le plaisir de lancer, de courir ou de sauter ne se résume pas à la compétition. La face immergée de l'iceberg, c'est l'entraînement. Et contrairement à ce que l'on pourrait croire, nombreux sont les athlètes qui adorent l'entraînement. "C'est là plus qu'en compét que tu progresses", avance Segui-Alan. "J'adore m'entraîner, chercher à m'améliorer", confirme Loane Amalir la spécialiste des épreuves combinées.

Pour aimer l'athlé, il ne faut pas non plus se le cacher, il faut être un peu maso. Pas besoin de titiller longtemps les athlètes, ils assument. La Brestoise Marion Quéau, la première, dans un grand éclat de rire. "Je ne sais pas si je peux le dire (mais elle va le dire quand même), mais j'aime bien me faire mal." Eh ! bien ! non, Marion, il n'y a pas de mal à cela. Et si cela peut te rassurer, tu n'es pas la seule. Loane : "C'est vrai, il y a du plaisir dans la souffrance, du plaisir à repousser et dépasser ses limites. On souffre beaucoup pour de tout petits moments de satisfaction mais des moments intenses"

"Le dépassement de soi, c'est peut-être plus propre à l'athlé qu'à d'autres disciplines", ajoute Benoît Dréau, le licencié des Galouperien Briec qui sait de quoi il parle puisqu'il a précédemment tâté des arts martiaux, du hand ou de la natation. "En athlé, tu ne peux compter que sur toi-même", précise encore Hugo Biget. Mais alors, faut-il considérer l'athlé comme un sport fondamentalement individualiste ? "Non, non, s'insurge Pauline. Pour moi, l'athlé, c'est une affaire familiale. L'athlé, c'est le partage avec ma soeur qui pratique, avec mes parents, mes entraîneurs..."

D'autres confirment. Claire Le Bellec : "Il y a de grands moments de partage comme les championnats de cross par équipe ou les Interclubs." Laëtitia Bleunven qui évolue pourtant dans un univers (le haut niveau) où pourrait régner l'égoïsme, abonde. "Avec les concurrentes, il y a des échanges, un partage, une vraie complicité. Les chambres d'appel, l'après course... Ce sont des moments géniaux."
On en oublierait presque le bien-être que l'athlétisme procure. Une bonne séance d'athlé, rien de tel pour se régénérer. C'est du moins comme cela que l'envisage Claire Le Bellec qui a repris la course à pied au QA après 10 ans d'abstention pour de très bonnes raisons. "Pour moi, partir m'entraîner, courir, c'est une coupure salvatrice. Ca me permet d'échapper un moment à mes deux enfants et de me retrouver seule. 50 minutes de solitude, ça fait un bien fou !" Plus sérieusement (mais elle était sérieuse, Claire !), une séance d'athlé, comme dit Pauline Nonnotte, "après une journée d'étude ou de travail, ça déstresse." Avant de préciser "surtout quand la séance se passe bien..." Laëtitia Bleunven ne dit pas autre chose. "L'athlé, c'est une façon de se libérer l'esprit."

"J'aime encore l'athlé (c'est de nouveau Benoît Dréau qui a la parole) pour son côté hyper précis." Il veut dire quoi, Benoît ? Que la demi-mesure ne pardonne pas en athlé et que les petites erreurs se paient cash. Il vient de réaliser 4' 22 au 1500 m, Benoît, mais alors que je l'interroge, il sait pertinemment qu'il aurait pu faire mieux et qu'il a raté le coche. "A un moment dans la course, j'hésite à relancer et à prendre le bon wagon. Quand je me rends compte de mon erreur, c'est trop tard..." La précision technique, c'est le sel de la discipline, a fortiori dans les sauts ou les lancers...
Une autre idée, Benoît ? "Oui, me répond l'intarissable Briécois, nouveau venu (à 24 ans) dans la discipline. Mais c'est toujours intéressant d'avoir un regard neuf. "C'est un sport qui véhicule de très bonnes valeurs auprès des tout jeunes." Laëtitia Bleuven en direct des championnats de France de Caen pour terminer : "En athlé, il n'y a jamais rien d'acquis. Il faut toujours se remettre en question. C'est un sport où on doit rester humble. Un éternel recommencement et une vraie école de la vie." Je vous avais bien dit, l'athlé c'est TOPISSIME.

Rubrique Carte Blanche à Marc Férec

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