Le 14/01/2022

L'ES Cranou fend sa chrysalide

Dans le groupe D de D1, l'ES Cranou et l'ES La Mignonne se rendent pour le moment coup pour coup sportivement parlant. Extrêmement similaire, dans leur philosophie et approche, une fusion en 1994 pour l'ES Cranou entre le FC Hanvec et AS Le Faou, et en 1995 pour l'ES La Mignonne  entre l'AS Irvillac et l'AS Saint-Urbain, ces deux clubs sont restés fidèles à leur valeur, en faisant jouer en priorité des joueurs de la commune. Face à Paimpol, pour ce premier 32ème finale de la coupe de Bretagne, l'ES Cranou (D1) a été remarquable en rivalisant d'égal à égal face à une formation évoluant trois niveaux au-dessus; le Stade Paimpolais FC (0-0, 2-4 TAB). Sur les 16 joueurs de la feuille de match, 15 sont issus de l'école de football de l'ES Cranou, le recrutement extérieur est vraiment minimaliste, et intègre en priorité des joueurs du Faou, Rosnoën ou Hanvec, partis jouer à des niveaux supérieurs. L'exemple de Julien Le Garrec ou Fabien Gourvès, ayant goûté le niveau ligue aux GMH Plomodiern, est symptomatique d'un club qui veut grandir, sans se couper de son terroir. Et ça marche! La troupe de Gérard Quiniou et Laurent Sénécal, sont en tête de leur groupe D de D1, en cas de victoire, ce dimanche, dans leur match en retard, face aux GDR Guipavas C. Comment expliquer cette métamorphose entre un club qui ne tenait pas deux saisons de suite à un niveau D1, longtemps cantonné à la D2, à une équipe aujourd'hui en passe de se stabiliser sur la durée en D1, voir mieux si jamais ce socle élargi de cette génération 1998 à 2004 restent ensemble à défendre les couleurs jaunes et bleus. Les Paimpolais, qui ne jouent pas devant une galerie aussi importante, en R1, ont été ébahis par l'énergie de cette équipe sur le terrain, avec un tandem, Maguer/Thomas battant la mesure au milieu de terrain.

Les frères Ledoux, Ewen et Lonan, les frères Madec, Alexandre et Guillaume, les Gourvès, Melvin et Fabien, le solide latéral, Paulin Le Roux, Dylan Thiébault, le stoppeur, joueur plus âgé de l'effectif avec ... 28 ans,  et tous les autres sont en train d'hisser l'ES Cranou vers une zone inconnue, de l'inscrire petit à petit, parmi les équipes qui comptent dans le district du Finistère. 

Au coude à coude avec l'ES La Mignonne et l'AS Brestoise (B) en championnat, auteur de plusieurs exploits en coupe de Bretagne, face à Plouvien, Dirinon ou le FC Pont l'Abbé, l'ES Cranou fend sa chrysalide, d'une équipe habituée à réaliser l'ascenseur entre la D2 et la D1, à une autre en passe de relever ces standards historiques. Preuve de ce passé sportif, le maintien en D1 (important pour un récent promu) est le seul leitmotiv, dans les paroles des joueurs et dirigeants. Même en bonne place, l'ES Cranou ne vise pas autre chose que le renouvellement de son bail, en D1. " Nous n'avons jamais été en D1 deux années de suite. A chaque fois que nous sommes montés, dans l'élite du district, nous sommes redescendus aussi sec", assure Laurent Sénécal, adjoint de Gérard Quiniou.

Cette génération de copains, très attachée au club, partis pour certains faire leurs armes en jeunes, au FC Landerneau, pourrait être la première à stabiliser le club, voir à le faire franchir le rubicon du district, à moyen terme. En attendant, l'ES Cranou a trouvé un réel équilibre dans son jeu, avec en atout majeur, une défense de fer. 0 but encaissé sur les quatre premières journée de D1 en 2020/2021 ( la seule équipe du Finistère dans ce cas, avant le couperet final du 28 octobre 2020), 4 buts en 10 matchs sur la poule aller, ( " Et encore le dernier, on ne doit jamais le prendre", répondent en choeur les supporters du club), l'ES Cranou a mis en valeur face au Stade Paimpolais, ce dimanche, ce reflet de leur saison, ne concédant rien du tout, en situations, face à un adversaire, qui n'a pas réussi à braquer ce coffre-fort local.

Entraînant toute l'équipe, dans cette assise, avec des attaquants comme Théo Sénécal, Sébastian Vasquez, ou Melvyn Gourvès, s'inscrivant naturellement dans cette logique d'efforts et replis défensifs, l'ES Cranou compte aussi sur l'envergure d'Ehouarn Magueur et Dylan Thomas, extrêmement complémentaire au milieu de terrain, pour marquer la boussole de l'équipe.

Avançant sans faille, l'ES Cranou aborde sa poule retour, dans l'esprit d'un promu qui n'a rien à perdre, juste à continuer sa progression. " On sort de cinq matchs de coupe de Bretagne, sans prendre de but, en affrontant Plouvien ( très belle équipe) ou le FC Pont l'Abbé (R2). Nous avons un groupe resserré à 15/16 joueurs pour la D1. Ils sont en pleine progression et sont demandeurs et à l'écoute. C'est un vrai plaisir personnel d'être à leur côté, dans cette évolution", ajoute Gérard Quiniou.

En attirant plus de 300 spectateurs, sur leur 32ème finale de la coupe de Bretagne, malgré les restrictions imposés sur le plan de la buvette et de la restauration, l'ES Cranou (D1) a fédéré un élan de sympathie et d'affection de leur public, qui se reconnaît manifestement dans les vertus de cette horde jaune et bleue. Même si l'ES Cranou sera comme l'ES La Mignonne, encore plus attendu, par leurs futurs adversaires, ce changement de cap, mais aussi de regard de l'adversaire, à leur encontre, transparaît une progression et une affirmation collectives. Même si le groupe est très jeune, il dégage déjà une maturité dans leur gestion des temps clés d'une rencontre ( entame de match, reprise de mi-temps ou fin de match).

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