Avis à tous les fumeurs : ne perdez pas espoir ! Prenez plutôt exemple sur Jean-Marie Diverrez ! Quand à 40 ans, le gars de L'Hôpital-Camfrout  chausse sa première paire de baskets histoire d'éliminer un tenace passé tabagiste et quelque 10 kilos en trop, il n'a d'autre ambition que de retrouver la forme. Sept ans plus tard, il est devenu l'un des tout premiers traileurs de la région. "Tout s'est enchaîné très vite. C'est un voisin qui me voyant courir régulièrement m'a entraîné sur le trail de La Mignonne, puis sur un semi dans le Pays Bigouden. De là, j'ai pris une licence au Pays de Landerneau Athlé..."  Le début d'un parcours émaillé de succès pour le prof du lycée de Chaptal que l'on a retrouvé sur la ligne d'arrivée du trail mythique de La Presqu'Ilienne...

Légende: En sept ans de pratique, Jean-Marie Diverrez, 47 ans, a trouvé dans le trail, son bonheur, se lançant des défis constants et progressifs. Crédit photo: DR

Mais qu'était donc venu faire Jean-Marie Diverrez sur La Presqu'Ilienne ? Tout sauf de la figuration puisqu'il y a bouclé victorieusement les 26 kilomètres du trail long  en 1 h 47, frais comme un gardon. Enfin à peu près, parce que le trail réserve toujours aux traileurs son lot d'imprévus. "A un moment, je me suis égaré sur le parcours alors que j'étais en tête. J'ai dû faire marche arrière et redoubler des concurrents que j'avais précédemment lâchés. Ce n'est pas la première fois que ça m'arrive. Quand tu es concentré sur tes appuis et que tu cours à une certaine vitesse, tu ne peux pas toujours être très attentif au balisage..."

Allons donc : Le trail, ce ne serait pas toujours une partie de plaisir ni une science exacte ? Eh bien ! Non ! Et Jean-Marie qui a connu sa part de déboires et d'infortunes peut en témoigner. "Au trail des Templiers (Sud Aveyron) à l'automne dernier, je me suis fait une double entorse alors qu'il me restait 48 kilomètres à parcourir ! Cela ne m'a pas empêché d'aller jusqu'au bout et même de finir 6e mais à l'arrivée, j'avais un ligament dans le sac et j'ai mis deux mois à revenir. Et pour te donner un autre exemple, le dernier en date, j'ai fini à l'arrache à l'Aber Wrac'h, malade..." Oui, mais à côté de cela que de victoires et de places d'honneur ! (3 victoires et quatre places de dauphin sur ses 10 derniers trails) . Le succès le plus significatif ? "Peut-être la victoire sur ce qu'on peut considérer comme le temple du trail, celui de Guerlédan en 2019."

Ses succès sur le trail, le licencié du Pays de Landerneau Athlé les doit en partie à une discipline à la fois voisine et éloignée, le cross country. Car cette saison encore, sous les couleurs de son club de coeur, Jean-Marie a participé dans la catégorie Master aux Bretagne, aux Interrégionaux et aux France de cross. "Ah ! Le cross, c'est encore une autre affaire. Du point de vue cardio, c'est autre chose que le trail. Jamais de récup. Tu peux vite passer du côté obscur de la force. Et puis,  la concurrence y est sévère. Tu prends des fessées mais ça t'apprend à rester humble." Notre insatiable traileur a aussi tâté de la course sur route et même de la piste. "C'est monotone. Tu tournes en rond, quoi ! Et puis, les adversaires sont toujours à peu près les mêmes. Tu peux presque donner le classement final avant le début de la course. Non, définitivement, je préfère la variété du trail. J'aime bien aussi l'état d'esprit. On se fait davantage plaisir mais attention, il ne faut pas non plus croire que c'est facile. Pour moi, la satisfaction, c'est d'aller là où ne pensait pas aller, poussé par l'adversité..."

Si le quadragénaire finistérien continue de jouer les terreurs sur les trails de la région, il recueille à juste titre les fruits de son investissement sans faille : "La qualité première d'un traileur, c'est la persévérance", aime-t-il à dire. En l'occurrence  un entraînement régulier, savamment dosé et varié. "Je m'entraîne tous les jours mais histoire de ménager les articulations et d'éviter la monotonie, je fais pas mal de vélo et de home trainer." Tout neuf (ou presque) dans la discipline, le traileur landernéen ne compte évidemment pas s'arrêter en si bon chemin et quand il évoque  le Zegama-Aizkorri, un trail mythique (encore un !) qui le fait rêver, Jean-Marie ouvre de grands yeux d'enfant. Il est loin le temps de la cigarette... Jean-Marie Diverrez a retrouvé un nouveau souffle.

Rubrique Carte Blanche à Marc Férec

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