05/05/2026

Julian Wawrzyniak, le Kvara Bigouden

Un dribleur est une espèce protégée dans le football, à protéger aussi, tel un artiste, c'est un créatif qui réussit parfois ce qu'il entreprend. Et quand ça passe, ça touche à l'émotion. A la 48ème minute, Julian Wawrzyniak a connu cette étincelle, avec une prise de balle sur son côté, un enchaînement de dribbles, des passements de jambes, des crochets, une élimination successive de plusieurs joueurs du Haut Léon, pour finir par une frappe puissante et soudaine au premier poteau du gardien, Enzo Moysan. Le but de ce match ( même si le 2ème d'Enzo Prigent au Haut Léon fut aussi magnifique), cette part de liberté qu'il s'est accordé, a donné l'effet booster à Plogastel Saint-Germain, qui grâce à ce slalom, permet aux Bigoudens de franchir une nouvelle marche pour se placer dans le dernier carré de la compétition. Comparé à Khvicha Kvaratskhelia, à la toute fin de match, par l'âpreté orthographique de son nom, comme l'ailier géorgien du Paris Saint-Germain, il a aussi ce mimétisme dans son allure sur le terrain, le même numéro ( le 7, pas encore le double 7, le 77 comme le Géorgien au Napoli), sa propension pour le dribble et le déséquilibre, poussant le vice avec le joueur du PSG ( même initiale que le club de Plogastel Saint-Germain), à avoir aussi ses chausettes rabaissées avec des mini protèges-tibias. Dans un collectif, ce type de profil différent est pour un coach à cadrer au maximum tactiquement, pour rendre son dribble efficace pour l'équipe. Qu'il ne soit pas un accesoire de décoration, mais bien un atout indiscutable pour l'équipe. Quand il est dans un bon jour, comme ce vendredi après-midi, dans un quart de finale de la coupe du district, son impact sur une rencontre est forcément important.

Légende: Auteur d'un but splendide au terme de son slalom géant, le Pouldreuzicois, Julian Wawrzyniak s'éclate dans ce collectif de la Jeunesse Sportive de Plogastel Saint-Germain.

Le Folgoët (R3) avait fait la connaissance de Sullivan Le Noc au 4ème tour en 2017 de la coupe de France, face à l'EA Scaër (R3) ( défaite des Chevaliers, 1-3, avec un gros match de l'ailier scaërois). Neuf ans après, Le Folgoët va découvrir, ce vendredi un autre funambule sudiste, avec Julian Wawrzyniak, 20 ans, qui aussi aime faire la décision balle au pied. 

Passant successivement en jeunes par la Stella Maris Douarnenez, et en senior par Plozévet, Plobannalec-Lesconil et Plogastel Saint-Germain, sur ses débuts en senior, il a beaucoup bougé, mais il a tout dans ce collectif blanc et noir pour se stabiliser.

" En première mi-temps, notre match était plus difficile, avec beaucoup de ballons en l'air de notre part. Dès qu'on a posé le jeu, on a réussi à trouver les côtés. C'était la clé du match. De mettre la balle sur le côté et d'aller jouer le un contre un après. Après, c'est moi et moi-même contre le défenseur, et si je passe, ça amène le décalage immédiat. Sur le but, c'est l'instinct, je ne réfléchis pas, je suis fixé à arriver au but. J'étais très content de cette action, c'est mon plus beau but en senior. Ce n'est pas facile de rester dans le match, quand on met un but pareil. On était stressé jusqu'à la fin, même si notre adversaire, le Haut Léon FC n'a aucune situation. On peut alourdir le score", précise-il.

Battant le Haut Léon FC en quart de finale (3-2), contraint de jouer sa demi-finale au Folgoët ( avec un horaire encore à établir entre les deux clubs), ce vendredi 8 mai, Plogastel Saint-Germain va vivre un dernier mois de compétition avec du palpitant. Le parfum coupe hume toujours le PSG. 

" On a un côté joueur, on joue pour marquer des buts. On a ce défaut mais qui fait notre force aussi parce qu'on aime attaquer. Sur ce quart de finale, on finit rincé parce qu'on a vraiment tout donné. Aven Belon, le match était moins ouvert, plus fermé, moins d'actions. Il y'avait une superbe équipe en face. Ca fait partie des meilleures équipes que nous avons joués cette année. En plus, il n'y a que des jeunes dans leur équipe, des joueurs de mon âge" 

Ayant fait son retour à la Plozévétienne, l'an dernier, après son année à Plobannalec-Lesconil, il consent avoir retrouvé à Plogastel l'amour du football, avec un entraîneur qui lui laisse carte blanche dans son expression avec le ballon.

" Quand Michel ( Poulhazan) m'a appelé à l'intersaison, le projet de Plogastel m'a de suite intéressé. Je voulais reprendre du plaisir à rejouer au foot. Là, depuis cette saison, je m'éclate. On est une famille en vrai au club. Je suis là que depuis cette année, mais j'ai l'impression que ça fait 5 ans que je suis là. Depuis que je suis parti, j'ai fait la Stella en jeunes, et depuis que je suis parti de la Stella, dans le monde senior, je n'arrivais plus à trouver du plaisir à jouer au foot. A Plogastel, il y'a beaucoup de joueurs de ma génération dans l'équipe", souligne Julian Wawrzyniak

Aux faux-airs de Khvicha Kvaratskhelia, avec des origines polonaises, au Sud de Cracovie, Julian Wawrzyniak est un pur bigouden. Originaire de Pouldreuzic ( décidément!), il resplendit en cette fin de saison, sortant ses meilleurs coups sur l'échiquier dans ce dernier mois.

" Kvara? Oui, c'est un exemple dans le football. J'allume la télévision pour ces joueurs-là. J'allume la télé, pour observer les joueurs qui dribblent et qui font vibrer le public", admet Julian Wawrzyniak.

Plus besoin de télé, ce vendredi après-midi, au Leurré, le public s'est levé et les supportes locaux ont bondi de leurs chaises pour ceux ou celles qui avaient pris leurs aises aux bords de la main courante. Des actions comme celles-là, on en redemande, en espérant pour Plogastel, qu'ils en aient gardé une ou deux, encore dans sa poche, sur cette fin de semaine.

Mentions légales - Protection des données - CGU / CGV