Ce match du 2ème tour de la coupe de France entre les Gas d'Ys Tréboul (D1) et l'ES PLogonnec (D1) a donné lieu à une sacrée foire d'empoigne, digne d'un Elliant - Penmarc'h, au scénario aussi captivant. Croyant revenir aux vestiaires avec un avantage de deux buts, pour finalement, se voir réduit à un but (2-3), Plogonnec a crû ficeler son affaire en tout début de deuxième mi-temps, en mettant le but du break. Sensé être celui du KO, mais en coupe, tant que la balance n'affiche pas 3 d'écart, l'espoir est toujours actif dans le camp d'en face. Les Gas d'Ys égalisant à la 86ème minute, les deux équipes s'étaient rendus, coup pour coup (4-4). Cette loi du Tallion devait trouver sa fin à la séance des tirs au but. Avec forcément une formation qui sortirait avec le billet recherché de la qualification. Et l'acteur principal est arrivé sur le devant de la scène, Rémy Le Deun, 35 ans, qui n'avait pas enfilé les gants depuis quatre ans, qui restait sur une saison blanche, l'an dernier. Son instinct de gardien ne l'avait pas quitté, et il avait gardé le meilleur pour la fin. " Je fais deux fautes sur les buts tréboulistes", concédait-il. Vite oublié tant il a été superbe dans la série de tirs au but en devinant l'angle de tir. " Le premier, je pars sur la droite, il est centré, je le dévie du pied, les deux autres, sur l'autre côté. Le dernier est plus spectaculaire que difficile". Trois pénaltys convertis à Plogonnec, trois arrêtés par Rémy Le Deun, à Tréboul, les Gas d'Ys ont buté sur ce mur qui apparait en béton armé dans le camp d'en face (4-4, 0-3 TAB). L'histoire est forcément belle, pour quelqu'un qui a pensé arrêté, suite à ses cascades de blessures en série, mais qui s'est accroché, et a éprouvé une joie immense sur cette qualification des écureuils au 3ème tour de la coupe de France. " Je prends ce moment avec beaucoup d'émotions, dans ma situation actuelle. Ca fait beaucoup de bien dans la tête. J'ai joué dans le champ et dans les buts, mais naturellement, je préfère être dans les buts. La sensation y est différente, c'est être dans une bulle, ressentir le côté détaché et hyper-présent en même temps. C'est très particulier, et extrêmement fort à la fois. Il y'a une joie qui est différente de marquer, arrêter un tir, être décisif, je pense que c'est plus fort pour moi en tant que gardien. Je ne le vis pas pareil en tout cas", concède-il.
Légende: Rémy Le Deun Bernard, 35 ans, a tout arrêté à la série de tirs au but, à Tréboul, trois essais tréboulistes et trois parades du portier plogonnécois, qui a fêté son grand retour dans les buts, après .... 4 ans d'absence. Crédit photo: ES Plogonnec ( Théo Pellaé et Axel Jeauneau) et Olivier Stéphan
Au départ, plus pour la B ou la C, pour une possible "der" dans les buts, le fait de monter dans le train de la A, avec en plus, la compétition suprême avec la coupe de France, Rémy Le Deun a savouré le moment présent, sans présager l'avenir, aux Gas d'Ys de Tréboul. " On relativise aussi mais qu'est ce que ce moment peut être fort. C'est une qualification pour un 3ème tour, qui arrive après une saison qui a été compliquée pour tout un club en senior. L'équipe B et C avait très bien marché, mais la A n'a pas enchaîné, ni trouvé le bon mécanisme. Il y'a des années, comme ça, où il ne suffit d'avoir de très bons joueurs. On l'avait déjà vécu à Plogonnec, quand on s'était maintenu à l'avant-dernière journée en R3".

Meilleur buteur à Plonéis en D3 avec 46 buts ( un record quasiment inégalable), ex-gardien de but des Paotred Dispount ou de Gourlizon, il est depuis de nombreuses années à l'ES Plogonnec, où il est également très accaparé par son rôle d'entraîneur en jeunes.
" Je joue maintenant avec des jeunes dont je me suis occupé quand il avait 10-11 ans. Ca fait plaisir de boucler la boucle avec eux. J'ai le genou qui grince, mais il y'a ce bonheur de refaire du sport qui est encore plus grand. Quand on sort d'une année complète en arrêt, on revit, on en profite à fond, sans presque se soucier de voir plus loin. Il y'a le derby qui arrive contre Gourlizon, le 3ème tour à l'Amicale Ergué-Gabéric en coupe de France. Je ne sais pas si j'y serai, mais c'est sûr que ce dimanche, à Tréboul, ça restera un souvenir très fort, encore plus fort, après ses dernières années galères".

Quatre ans après, l'écureuil volant de Plogonnec a encore la magie du plongeon, il s'est envolé à bon escient à Tréboul pour porter l'ES Plogonnec au 3ème tour de la coupe de France.
Encore une marche avant les maillots du 4ème tour, pas la plus simple à Croas Spern, avec une équipe de l'Amicale Ergué-Gabéric, qui a vécu la même saison miroir à distance que Plogonnec.
Plogonnec vit à fond ce début de mois de Septembre, avec un effectif complètement remodelé, mais qui a gardé ses "soldats": Ju Doaré, Sylvain Coadou, la jeunesse est revenue de leurs années jeunes aux Paotred Dispount avec en symbole, Livio Demonio, Djiani Carpentier, les frères Jestin font à nouveau commune, Gabriel et Mathieu ( aussi passé par les Paotred Dispount).
Et dans les buts, un senior, presque vétéran, Rémy Le Deun, qui à Tréboul, a volé, avec une mentalité de junior, qui fait du bien à tout un groupe, qui avait besoin de cette joie, pour démarrer cette nouvelle saison. Avec à la tête de cette équipe fanion, revenu en D1, Brahim Zahafi, qui est resté, et qui a enfin son rôle d'entraîneur d'une équipe première au côté du granit plogonnécois, Pierre Moenner.
UN DE SES TROIS ARRETS A LA SEANCE DE TIRS AU BUT ( Image ES Plogonnec):
