A 73 ans et 50 années d’arbitrage, Roger Lozach (Paotred-Dispount) range son sifflet et drapeau.
En cette rentrée sportive 2026/2027, le Gabéricois, Roger Lozach des Paotred-Dispount a mis un terme à plus de 50 ans d’arbitrage. Dix ans en Finistère, 40 ans en Normandie compte tenu d’une mutation professionnelle, en 1965, il met sa passion du football, à son coup d'envoi, au service de l’AS Rospordinoise où il est scolarisé. Les jeunes jusqu’à ses 18 ans, une grave blessure au genou l’éloigne du rectangle vert et Roger rebondit dans l’arbitrage. " C’était le bon plan pour rester dans le football et rejoindre l’AEG, le club de mon village où je suis devenu arbitre capacitaire et le 16 octobre 1976, j’officiais au centre et en D2 lors de la rencontre qui opposait les Huîtriers de Riec-sur-Belon à l’US Quimperlé. Une belle découverte, et une nouvelle passion, Roger rejoint les Paotred-Dispount, encadre les juniors du club poursuit l’arbitrage mais rejoint la Normandie en décembre 76 pour son futur avenir professionnel.
Légende: Roger Lozach, reconverti en Monsieur Loyal de l'arbitrage, suite à une blessure au genou, très tôt, ayant arrêté sa carrière, une piste aux étoiles de la Bretagne à la Normandie, avec des moments hors du temps lui appartenant, arbitrant même des matchs professionnels en préparation d'avant-saison. Crédit photo: Guy Le Gars
Route vers la Normandie : En décembre 76, le Gabéricois prit une licence au club de Rocqancourt ( Calvados) puis de Orbé-en-Auge ( Calvados) où il sera arbitre puis vice- président. Le district, la ligue et jusqu’à la CFA2 jusqu’à ses 45 ans (limite d’âge) puis le retour en district, les finales départementales régionales juniors, seniors en Normandie centrale et en Calvados, le football féminin, le Futsal, le football d’entreprises ou corporatif, les rencontres amicales professionnelles d’avant saison à Deauville le le Stade Malherbe Caen- Inter Bratislava ou Le Havre AC - Stade Rennais, les matchs de gala du variété club de Thierry Roland et de Jacques Vendroux ( TF1, Europe 1), la carrière arbitrale de Roger a été riche et exceptionnelle.
" C’était de belles aventures et de rencontres et de belles collaborations avec les arbitres de L1 et la chance de côtoyer Tony Chapron, Fredy Fautrel, Pascal Garibian, Bruno Ruffray et bien sur Mikaël le Sage qui est devenu un ami", précise Roger Lozach. Le retour au pays avait sonné: retraité depuis 2016, après 40 années d’arbitrage en terre Normande, Roger Lozach a retrouvé sa commune et le club Paotred-Dispount qu’il avait quitté. Un retour sentimental vers les siens et son club qui ne l’a pas empêché, de reprendre le sifflet durant 10 saisons supplémentaires au district 29 chez les jaunes et noir.
Quarante et dix font bien cinquante et très probablement un record d’arbitrage au district du Finistère. Bravo et merci Roger.

Guy LE GARS
Le questionnaire:
La vision de Roger sur l’arbitrage
Que serait le football sans arbitre ?
R : A mon sens et compte tenu des enjeux parfois énormes, il n’y a pas de football sans arbitres et c’est à mon sens aussi valable pour l’ensemble des compétitions. Dans l’arbitrage, comme ailleurs, le droit à l’erreur humaine est de moins en moins respecté ; les enjeux sportifs dépassent l’appréciation humaine et repasser 10 fois en direct à la télé une performance nuit à notre crédibilité, chez les arbitres, les décisions sont instantanées et doivent être respectées.
La vidéo, la goal-line, les 5 arbitres :
R : Le football est un spectacle en direct et doit le rester, il ne doit pas sans cesse être interrompu et repris par la vidéo. Regardons le rugby où le temps d’une décision est bien trop long. La Goal line Oui mais 5 arbitres , ça ne sert à rien et ça coûte bien trop cher au football.
La Contestation, la violence :
R :c’est un sujet de plus en plus récurant, inquiétant et en constante progression notamment chez les jeunes ados notamment. Un problème probablement généré par l’évolution trop rapide de la société et pour le football la violence et la contestation ont pour origine l’ignorance des règlements. En général, tout commence derrière les mains courantes où malheureusement trop de parents soutiennent trop farouchement leurs enfants, c’est une question sociétale préoccupante là aussi.

Un souhait?
R : Plus qu’un souhait une exigence, que les clubs arrêtent d’essayer de minimiser en appel les décisions ou sanctions prises par les commissions de discipline des districts. C’est malsain et ça ne va pas dans le sens du but recherché qui est de mettre hors jeu la violence et les contestations.
Le Parallèle Bretagne /Normandie :
R : La Bretagne a du retard dans beaucoup de domaines à commencer par les indemnités versées aux arbitres, car si l’argent n’est pas notre priorité d’arbitre, ça compte surtout par les temps qui courent. En Normandie, les indemnités sont doubles et entièrement gérées par les districts, le main à main dans les vestiaires en fin de rencontre, c’est d’un autre temps.
Par ailleurs, en Normandie, les horaires des matchs sont toujours les mêmes, c’est plus de lisibilité pour fidéliser les supporters du football amateur et les coupes régionales se déroulent par niveau de division, c’est une logique sportive. Les tests physiques pour les arbitres se font par tranche d’âges, une logique là aussi car ce n’est pas pareil d’avoir 20 et 50 ans. Au final, la Normandie n’est pas en pénurie d’arbitres.



