Le 15/06/2022

Camille Hascoët (Elan du Porzay): la traileuse par excellence

Rentrez dans la machine toutes les qualités du traileur, mixez quelques minutes pour les fondre toutes en une seule et en extraire le représentant le plus fidèle de l'esprit trail... Et surtout, rassurez-vous car la gagnante (oui, c'est d'une jeune femme dont il s'agit) n'a rien de virtuel. Elle s'appelle Camille Hascoët, court sous les couleurs de l'Elan du Porzay, aime passionnément le contact avec la nature et bien qu'elle cumule bons et très bons résultats, ne risque pas de prendre la grosse tête. Ce n'est tout simplement pas dans sa nature. Sa modestie valait bien un petit article. Je le sais, elle va penser que d'autres tout autant qu'elles méritent de passer sous les feux des projecteurs de Newsouest... Mais c'est précisément parce qu'elle a lu dans tes pensées, Camille, que la machine t'a élue.

Légende: Commençant à collectionner les victoires, Camille Hascoët ( Elan du Porzay) est une redoutable compétitrice, qui épouse parfaitement un esprit du trail entre échappées individuelles et plaisir collectif. Crédit photos: DR

C'est à sa manière de lever les bras quand elle coupe victorieusement la ligne d'arrivée que j'avais remarqué Camille. Rien d'ostentatoire ! Aucune manifestation excessive ! Pas davantage de triple salto ! Juste l'esquisse d'un sourire et un petit signe de la main, si discret que j'avais demandé ce jour-là à Pierre Lharidon, mon photographe attitré, si c'est bien Camille qui avait gagné la course.

Oui, cette humble traileuse gagnait à être connue, ce que m'a confirmé l'avenante présidente de l'Elan du Porzay, Carole Kervennic, contactée expressément. "Une anecdote révélatrice de l'état d'esprit de Camille ? Lors des sorties d'entraînement sur de longues distances, elle est toujours prête à m'accompagner, moi qui suis plus habituée à la queue de peloton qu'aux premières places. Et puis, elle a toujours un mot pour encourager. De prime abord, on pourrait la croire réservée mais c'est une fille très sociable, rigolote, jamais la dernière à raconter une bonne blague."


Une fille bien sous tous rapports, Ok, mais ce sont d'autres qualités qui font qu'elle est devenue l'une des toutes meilleures traileuses de la région. Peut-être faut-il d'abord - si l'on remonte aux sources - évoquer son attirance pour la nature. "Camille est ingénieure agronome. Un métier très physique qui colle bien à son côté hyperactif. je sais que cela lui arrive de faire du fractionné dans les champs en cultivant ses carottes", se marre Carole Kervennic. Le contact avec la nature, Camille l'a également cultivé à travers une passion qu'elle partage avec Damien son conjoint : l'équitation. Avec ses chevaux, elle a d'ailleurs participé à des concours de dressage ou d'endurance équestre. Des souvenirs forts. "Mais le trail, souligne Camille, c'est encore autre chose. Les émotions sont différentes. Partir en solitaire pour se vider la tête, il n'y a rien de tel."


C'est à 26 ans que Camille se lance véritablement dans l'aventure trail ; 6 ans plus tard, elle cumule victoire et places d'honneur. Rien d'étonnant pour qui la connaît. "Elle a un mental impressionnant mais elle se donne à fond aussi. C'est une compétitrice", avance Alexandre Audo son partenaire de club. "Elle est hyper rigoureuse et carrée quand elle se donne des objectifs", renchérit Carole Kervennic. Et ses derniers résultats parlent pour elle : une deuxième place samedi dernier au trail long de l'Odet, idem au Pied des Monts, des victoires à Scaër ou à Guerlesquin et encore des places d'honneur dans des trails réputés : un podium au Menestrail de Moncontour, une 4e place à La Presqu'Ilienne, une 5e au Cap Sizun.

Le prochain objectif justement ? L'Ultra Trail des Monts d'Arrée que la jeune femme prépare minutieusement. "A raison de 70/80 kilomètres par semaine. Il faut aussi trouver le temps de s'entraîner", sourit Camille. Ses souvenirs les plus forts dans la discipline ? "Le Menestrail de Moncontour (55 kms) ou encore le Marathon de Larzac avec le départ de nuit à la frontale." Avec  Camille, on remontait aux couleurs d'origine du trail et je me suis dit que la machine avait sacrément bien fait son boulot.

Rubrique Carte Blanche à Marc Férec

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