Arrivé à l'adolescence à ses 16 ans à l'Ujap Quimper, au centre de formation, les années avec les pros, la victoire du maintien face au Bordeaux de Boris Diaw en Pro B, à la dernière journée, le dunk face à Boulazac, les dix minutes face à Fos/Mer, autant de souvenirs perchés tout en haut de la mémoire de Nicolas Josse, qui aura prolongé le plaisir avec la balle orange jusqu'à ses 36 ans. 20 ans de vie ujapiste, entrecoupé d'un retour à Vannes et six ans au CEP Lorient B (N3), avant de boucler la boucle à Michel Gloaguen, samedi dernier, contre Betton, pour la "der" de sa carrière à domicile. Malgré la défaite (59-70), une place de relégable en PNM, en fin de saison, cette soirée était entièrement tournée vers la dernière d'un joueur qui a traversé les générations avec le maillot Blanc et Bleu. Son parcours est aussi un exemple de ce que le sport de haut-niveau peut apporter à une personne, en lui léguant une discipline, une rigueur, et une capacité à se fixer des objectifs hauts dans sa vie professionnelle. Arrivé avec un simple brevet des collèges, et reprenant ses études sur le tard pour compléter un master, Nicolas Josse exerce aujourd'hui la focntion de directeur d'une agence bancaire à Fouesnant et Concarneau. Tout en faisant ses deux entraînements par semaine, et les matchs l'amenant en Bretagne et même au-delà, en Normandie et Pays de Loire, le week-end. A 36 ans, le temps est venu comme les Fabien Hérard, Mathieu Tensorer, une génération avant lui, de ranger ses baskets et poser son sac dans une armoire. Le sport ne sera jamais loin mais il prendra une tournure différente désormais.
Légende: Nicolas Josse a bouclé la boucle à l'Ujap Quimper, premier club en N3 en 2005/2006 et dernier en 2025/2026, 20 ans de vie rythmée par la balle orange, les soirées et week-end.
" Je suis arrivé à mes 16 ans à Quimper, de Challans en Vendée. J'ai fait les U18 Nations en doublant tous les week-ends en N3 avec Eric Garnier en capitaine. On s'était maintenus in-extremis, ça fait 20 ans pile-poil et là, j'effectue ma dernière saison en N3. C'est un beau clin d'oeil de finir de cette façon. J'ai été aussi aspirant-stagiaire avec les pros, à l'image de Noah Limol, aujourd'hui. Ca m'a servi comme expérience. Je ne m'attendais pas à être là encore en N3, passé les 35 ans. Ca devient dur de tout conjuguer et d'être sur tous les fronts en même temps", avance Nicolas Josse.
D'année en année, le raisonnement d'arrêter était forcément là quand il s'agissait de remettre la mécanique en route dans les préparations intenses d'avant-saison, mais l'envie restait supérieure. " Ca faisait 10 ans que j'avais commencé à y penser. Lorient m'avait récupéré à un moment donné où je pensais arrêter. J'avais le capitanat, une équipe de jeune qui m'a boosté. Vannes, Lorient, et l'Ujap, de retour depuis trois ans maintenant. Professionnellement, j'étais revenu sur Quimper, ma conjointe est Bigoudène. C'était en réflexion sur cette saison parce que je voyais que je fatiguais plus. Je suis directeur sur deux agences bancaires, ça demande d'être à fond aussi tout le temps. C'est passionnant en terme de métier, et ça rentre en adéquation avec le sport", rajoute Nicolas Josse.

Originaire de Vannes, aux racines familiales corses, il a gardé en lui, toutes les valeurs inculquées pour atteindre ce haut-niveau dans le basket-ball. A écouter son corps à la moindre alerte, faire le nécessaire pour éviter de tirer trop sur la machine en préparation, Nicolas Josse a toujours veillé à s'écouter et à faire les efforts pour être sur les bons temps de passage dans une saison.
" Comme j'avais le vécu d'un centre de formation professionnel, j'ai gardé une discipline. Faire un renforcement musculaire, avant l'attaque d'une nouvelle saison, parce que si je ne le faisais pas, ça devenait compliqué derrière. Il y'avait toujours les petites blessures derrière. J'ai eu la chance de ne jamais avoir eu de grosses blessures dans le basket. Ca m'a permis d'écouter mon corps, et dès j'avais une alerte, d'aller au kiné. Tous ses réflexes qu'on acquiert tôt en formation, ça permet de durer derrière. J'aurai pu encore continuer mais il y'a cette envie d'arrêter en bonne forme ou d'avoir la grosse blessure. Il y'a aussi l'effort fait par ma compagne, pour me permettre de vivre à fond ma passion, il faut un accord de sa part. A un moment, on ne peut pas réfléchir qu'individuellement, la réflexion se fait à deux. J'ai fait mon temps, même si le basket et le sport resteront proches de ma vie"

Ujapiste de coeur, malgré le fait qu'il ait grandi à Vannes, Nicolas Josse a grandi avec un club qui est aujourd'hui devenu en deux décennies l'emblème sportif de la préfecture du Finistère. Il a connu les soirées étouffantes de Gloaguen, avec toute une salle portant les joueurs, même dans les soirs de maintien, comme face à Bordeaux.
" Il y'a 20 ans, ce club était ultra-familial, l'accueil que j'ai eu, ça m'a toujours fait aimer ce club. Même quand je suis parti, je restais supporter du club. J'ai vu la création des Ty Glazik, j'ai vu toute l'évolution du club de l'extérieur. Et quand j'en parle, le temps est vraiment passé vite. Ca restera mon club de coeur, même si le CEP Lorient m'a aussi marqué. J'adore Lorient mais c'est ici que je devais finir"

Arrivé pour le sport, et reparti avec tout un bagage derrière et une éducation du haut-niveau qu'il a fait performer aussi à titre professionnel, il boucle la boucle sur une nouvelle saison N3, une énième d'un parcours long de 20 ans avec cette division.
" Je n'aurai pas été l'homme que je suis sans le basket. Professionnellement également. Je le dois en bonne partie à l'Ujap. Je suis arrivé à 16 ans, reparti à 22/23 ans. Je n'ai pas de regrets en étant allé au bout de mon potentiel. Le basket était plus précaire à mon époque. Je n'avais que le Bac quand je m'y suis consacré à fond. Mais à 23/24 ans, on se rend compte qu'avec le bac, ça ne suffit pas. J'ai décroché une licence à mes 25 ans, l'an dernier, j'ai passé un master dix ans après ma licence. Ca me tenait à coeur de compléter mon cursus même à un âge où on n'est plus étudiant. Je suis un challenger, ça, c'est aussi le côté sportif, de me prouver que j'en suis capable"

La Pro B à Quimper fut son pic en entrée de carrière, mais même quand celui-ci fut passé, il n'a jamais remis son engagement dans ce sport, étant maintenant un guide apprécié par ses jeunes partenaires à qui il a transmis en qualité de capitaine, sa flamme et ses conseils pour toujours allier plaisir et compétition.
" Les meilleurs souvenirs? Il y'en a plein, la vie de groupe, évidemment, le match de Boulazac, où on était maintenu en Pro B avec une salle en feu, le maintien contre Bordeaux sur le retour d'Olivier Cousin au club, un mardi soir, sur la dernière journée. Il y'en a tellement, des anecdotes. Il y'aura forcément une période d'adaptation, le sport, je ne pourrai jamais arrêter, il faudra trouver quelque chose d'autres. Je ne sais pas encore, mais je trouverai bien", conclut-il.




