01/09/2026

Elite 2. Les Béliers de Kemper, à l'école de la deuxième chance

Xavier Niel avait créé une école de la deuxième chance (Ecole 42) pour des profils en quête d'une complète réorientation professionnelle, les Béliers de Kemper, recalés sportivement en Elite 2 (19ème), recueillent aussi cette deuxième chance, au lancement de cette saison, suite aux déboires financiers du Portel, reclassé à un rang régional. Dans le vocabulaire de la rentrée des classes ujapiste, le mot fort employé dès l'entrée par Maxime Laizé, le président des Béliers de Kemper, a été résurrection. Une envie de faire table rase de la saison dernière, qui n'a pas été galvaudé à ce premier rendez-vous. " L'an dernier a été un échec, nous bénéficions d'une deuxième chance, tout en devant apprendre de nos erreurs passées. Les deux plus importantes ont été la négligeance de la partie sportive incluant la délégation complète à une personne qui gérait tout ce volet, et aussi d'avoir mal préparé la rentrée dans la nouvelle salle", confie Maxime Laizé. Par tous ses facteurs accumulants négatifs, les Béliers de Kemper en ont été quite à une introspection franche, sur une dernière saison particulièrement éprouvante, sans synergie collective, afin de prendre les bons virages. Revenue au premier plan, la partie sportive, mise parfois en arrière-plan en 2025/2026, au budget similaire mais plus fonctionnel et un effectif joueur remodelé à 90% ( 100% même car le seul joueur qui est resté, Damien Bouquet n'a jamais joué avant avec ses nouveaux coéquipiers), et des strates décisionnelles avec à la tête de chaque composant, une personne, Laurent Foirest pour le volet sportif, Antoine Blanc pour le commercial, Marc Thomas, pour la partie administrative et juridique, Mathis Droux sur la communication et Etienne Le Pape, pour la billeterie - évènementiel. Ce maillage plus étoffé avec des zones de tampon entre le sportif pur et la direction a été un chantier effectif des derniers mois. Les Béliers ont un feeling plus que des certitudes, mais il y'a dans ce discours d'entrée, une direction, un sens voulu qu'il n'y avait pas forcément sur la précédente, plus centrée sur l'euphorie de l'arrivée dans une nouvelle salle, plus que sur une effervescence sportive. " Etre 18ème à la fin de la saison signifierait avoir réussi sa saison", avait même indiqué Maxime Laizé, l'an dernier, à sa prise de fonction, à ce même timing de reprise, la saison dernière.

Légende: Laurent Foirest et Maxime Laizé, directeur sportif et président des Béliers de Kemper, ont fait un premier point d'entrée dans cette nouvelle saison 2026/2027 pour le club quimpérois.

Là aussi, le discours a changé, s'est endurci en tout cas, ôtant la pudeur du promu. " Nous avons eu un public très fidèle, qui malgré des résultats en-dedans, n'a pas lâché. On finit la saison avec 94% de taux de remplissage de la nouvelle salle. Ca marque l'attractivité d'un territoire, avec Quimper pour unique club breton en Elite 2. On est dans un moment difficile économiquement dans un contexte général pesant. L'économie repartira pour tout le monde après, mais il faut préserver nos acquis dans cette période. Il est toujours plus de faire repartir quelque qui existe et qui a tenu. On nous offre une deuxième chance, à nous d'en profiter. On s'est fixé un objectif sportif de jouer les play-ins, c'est à dire une place entre la 7ème et la 13ème", affirme Maxime Laizé.

A ses côtés, Laurent Foirest, intronisé directeur sportif, au printemps, a établi une première ligne directrice, avec un axe central qui lui a sauté aux yeux, à son arrivée.

" On a fait beaucoup de changements, beaucoup de travail. Le point central a été de remettre un cadre, et un mode de fonctionnement sportif. Etre dans un projet club en remettant le centre de formation au coeur du jeu. Je veux du dialogue entre les différents coachs, je veux qu'ils se voient et se parlent, des U15 aux pros. Qu'il y'ait des échanges, de l'entraide, que ça tire la force d'un club, qui avance ensemble. Et à moyen terme, de rechercher une identité quimpéroise dans le jeu, avec beaucoup d'intensité et de rythme des deux côtés du terrain. Plus qu'une même méthode de jeu, c'est un style commun qu'on cherchera à mettre en forme"

A un budget identique et mieux réparti, à 3,5 M€, avec plus de la moitié en fond privé ( 2 M€ de partenariat privé en sponsoring/mécénat, 600.000 € des collectivités publiques et 900.000 € en billeterie/évènementiel), les Béliers de Kemper ne se sont pas affaissés, non plus à ce niveau-là. " On ne l'aurait pas fait non plus s'il y'avait eu descente. Je le pense au moins la première année en N1M", reconnaît en toute franchise Maxime Laizé.

Côté sportif, Quimper part aussi d'une feuille blanche, avec un effectif entièrement renouvelé, où seul Damien Bouquet fait le lien avec l'aventure précédente, les Béliers de Kemper ont souhaité également ne pas avoir d'historique pour bâtir sur des fondations neuves. " La Pro B est une guerre de chantier à chaque journée. Tout le monde peut battre tout le monde. Quimper a une belle enceinte, qui encourage à être ambitieux. Les joueurs travaillent en ce moment très dur, sur la préparation. Avec Philippe ( Da Silva), on leur demande une exigeance au-dessus de la Pro B. On aimerait retrouver un chaudron à domicile. Nous avions fait un an et demi invaincu à Michel Gloaguen, nous avons ce modèle. Plus que des joueurs spectaculaires dans le recrutement, on a cherché à miser sur un groupe complémentaire", explique Laurent Foirest.

Suite à cet accouchement dans la douleur, pour son retour au deuxième niveau français en 2025/2026, les Béliers de Kemper devaient absorber en même temps un changement sportif et une nouvelle enceinte.

Trop de choses arrivant finalement en même temps, ce sursis sportif qui leur assure une deuxième chance en Elite 2, a permis aussi de forcer des décisions, d'opérer plusieurs virages importants à des manques réels, un rééquilibrage jugé nécessaire en sorte, débouchant sur une responsabilisation collective, qui allège le poids de la décision personnelle.

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