La destination a surpris car elle sortait de l'attendu, en franchissant pour la première fois le secteur du Finistère, dans le Trégor, à Lannion. Une saison et demie après, les frères, Boucaud, Théo et Alexi ont ce sentiment installé d'avoir fait le bon choix, avec un club qui leur a fait confiance pour se porter sur la division supérieure en N2 (ex-N3). Parti de l'US Concarneau, où ils étaient des piliers de la B, en R1, à leur 22 ans, deux ans plus tard, à bientôt 24 ans en janvier, ils ont parfaitement réussi leur intégration, en trouvant racine dans ce club, et en étant régulièrement dans le groupe de la A, et souvent tous deux titulaires, sur le même côté, au poste de défenseur latéral pour Alexi et milieu offensif ou ailier pour Théo. Jumeaux à la naissance, inséparables dans leur passion, la pièce se joue pour l'instant en trois actes, Bannalec, Concarneau et Lannion. Avec un début de saison tellement particulier, avec ce 5ème tour, à "domicile", face à la FDG Bannalec, un retour en terre conquise là où tout avait commencé au stade Jean-Bourhis. Ce samedi 10 octobre 2026 restera comme une date marquante de leur vie, une Maman, Andrée, ex-licenciée au club de handball du HBC Bannalec, qui est aussi bénévole à la FDG Bannalec sur les différents évènements, donnant le coup d'envoi, un Papa, Cédric, qui était ravi de faire son plus court déplacement de l'année ( " On est venu à pied, la maison est à 10 minutes du stade"), lui qui a l'habitude d'assister à tous les matchs de ses enfants, domicile ou extérieur en N2 ( " Même ma femme s'y est mise aussi, elle qui ne suivait pas forcément en déplacement en U19 National à Concarneau), cet après-midi a été vécu comme un conte de fée, une grande fête avec 1.200 spectateurs au stade et un doublé de Théo à l'arrivée (0-3). On pensait même que ça serait le point culminant de la saison, mais non, Dame Coupe a encore exaucé un voeu encore plus fou, avec l'EA Guingamp (L2), qui se rendra dans deux semaines, au stade Yves-Guillou, défier les Lannionais au 7ème tour. Et comme Lannion n'aura rien à perdre, la chandelle en vaut vraiment la peine en cas d'exploit avec un possible 8ème face au Stade Lavallois, autre équipe professionnelle. Le tableau serait presque idyllique, sans ce maudit championnat, N2, poule C, qui a amené une disette de points au bout de 5 matchs.
Légende: Alexi, Cédric, Andrée et Théo, réunis sur la pelouse de départ à la FDG Bannalec, où tout a commencé pour Alexi et Théo, qui grâce à la magie d'un tirage improbable en début de saison, a rejoué dans ce stade face à 1.200 spectateurs dans le 5ème tour de la coupe de France entre Bannalec (R3) et Lannion (N2). Crédit photo: Guy Le Gars
A l'image des parents d'Amandine et Thibault Sinquin, Corinne et Stéphane, qui avec Danièle, la grand-mère, n'ont jamais quasiment raté un match de leurs enfants, dans leur ascension sportive, les Boucaud sont une vraie famille de sport, à l'état d'esprit qui va de pair. A Bannalec, ça s'est ressenti de suite des bonnes ondes diffusées dans le stade. " Ca a été une belle journée avec un scénario incroyable, avec un 5ème tour dans notre commune, avec nos enfants dans le camp de l'équipe d'en face", relevait Andrée.
Ayant démarré de leur 5 à 11 ans à la FDG Bannalec, avant de rejoindre pour 10 ans l'US Concarneau, Baptiste Le Jalus, le capitaine de la FDG Bannalec, se rappelait même que pendant la période COVID, où le périmètre de déplacement était plus que restreint, Théo et Alexi s'entraînaient même avec la Fleur de genêt. Il est même sûr que quelques dirigeants bannalécois feront le déplacement à Lannion pour voir le 7èmer tour face à l'EA Guingamp. Bannalec, c'est leur fief, là ils se ressourcent.
" Le match à Bannalec a été quelque chose de spécial. Notre famille habite dans le coin. Il y'avait du monde à nous regarder. Pour l'anecdote, on a même revu au match notre ancien surveillant en primaire à l'école Mona Ozouf, Bruno, on aimerait le citer car c'est quelqu'un de très gentil. Il s'est occupé de nous tout le primaire, c'est lui qui nous surveillait après la cantine et à la garderie. Il faisait toujours du foot avec nous. L'année où on est parti au collège, il nous avait acheté le DVD de la coupe du monde 1998. On l'a toujours presque 15 ans après", remarque Alexi et Théo Boucaud.

Il n'y avait pas meilleur endroit pour faire un crochet dans cette campagne de coupe de France, où Lannion est même resplendissant. Les Trégorrois ont encaissé leur premier but et seul but de la compétition seulement à Landerneau, ce samedi au 6ème tour, sur une frappe magnifique d'un ancien concarnois aussi, Lélio Brochado, en pleine lucarne, face à Baptiste Davai.
" C'est notre deuxième saison à Lannion. Ca nous plait énormément. Le club, les joueurs, le staff, même autour, on ne pensait quand on a rejoint ce club d'être aussi bien au bout d'un an et demi. Nous restions sur 10 ans à Concarneau. On ne savait pas trop où nous atterrissions. Un autre département, si on est restés cette année, c'est qu'il y'avait quelque chose de fort qui s'était créé. Même le public, ils sont à fond derrière nous. On travaillait l'an dernier, au Leclerc de Lannion ( propriété du président emblématique du LFC, Philippe Cousyn qui a passé la main maintenant à sa fille). Maintenant, on est en animation avec les enfants. On a changé en septembre, sur les centres de loisirs. Tant qu'on peut jouer ensemble, on le fera. Il y'aura un moment où on ne pourra plus le faire, alors on le vit à fond"
A leurs côtés, leurs parents, Andrée et Cédric, qui programment leur week-end en fonction de leurs péripéties sportives, jusqu'aux déplacements les plus lointains, en U19 Nationaux avec l'US Concarneau ou sur les sélections en équipe de France universitaire.
" Mes parents nous suivent toujours, et tant que nous jouerons ensemble, ils n'auront qu'un match à aller voir. Même quand nous avions été sélectionnés en équipe de France universitaire, avec un match à Lyon, mon père avait pris sa voiture de Bannalec à Lyon,pour nous voir jouer. Il est passionné. A Lannion, il y'a d'autres parents de joueurs qui font aussi les déplacements sur le groupe A, ça leur fait des liens et des petits groupes"

A Landerneau, ce samedi soir, la première heure a été difficile mais Lannion a retrouvé le courant dans la dernière demi-heure (1-4) pour s'offrir maintenant ce match de gala au 7ème tour face à l'EA Guingamp, à la mi-novembre. En attendant ce match, évidemment dans toutes les têtes, Lannion voudra aussi amorcer son décollage en championnat N2, aux antipodes de l'an dernier où le LFC avait brillé de mille feux jusqu'à la panne sèche d'une deuxième partie de saison beaucoup moins réussie.
