Il y'a des moments où on aimerait le temps atemporel, se fixant pour toujours. Encore plus quand il s'agit d'un monument du football bigouden et sud-finistérien, comme Jean-Pierre Le Brun. Parti trop tôt, à 75 ans, à son coup de sifflet d'un match mené intensément, à 300% dans tout ce qu'il entreprenait. Car il en a tellement entrepris à la pointe de la Bigoudénie. Modeste joueur, en équipe C senior des Cormorans de Penmarc'h, après une découverte du football et d'une première licence en minimes en 1962/1963, Jean-Pierre Le Brun, faute de candidat, à la succession d'un autre monument penmarchais, Guy Tanneau, a levé la main pour se dévouer à reprendre la présidence du club penmarchais. Pour transmettre ce propre flambeau, 39 ans après. De 1983 à 2022, il en a été le président immuable, le défenseur ardent. Connaissant par coeur le règlement, son application, qui lui vaudra d'être investi à la Ligue de Bretagne pendant plus de 10 ans, à partir de la saison 2009/2010, comme président de la commission d'appel.
Légende: Jean-Pierre Le Brun s'est éteint à l'âge de 75 ans, la semaine dernière, après avoir été le président des CS Penmarc'h continuellement de 1983 à 2022.
39 ans de présidence, ça marque forcément uné époque, plusieurs générations. Se délectant avec recul de ces " Je démissionne" prononcé maintes fois se transformant vite en " Je continue", passé le coup de semonce. Faisant parfaitement la séparation entre le sportif et la présidence, il n'osait jamais s'immsicer dans les choix d'un entraîneur. Il l'a fait avec tous ses entraîneurs, suivant l'adage, de l'entraîneur entraîne, le président préside.
Des joies, il en a eu forcément beaucoup, une des plus fortes, la montée des CS Penmarc'h en DSR au milieu de la dernière décennie, avec Jean-Pierre arrivant fou de joie, dans le vestiaire, " Melgven a fait 1-1 à Gouesnou, c'est bon, on monte en DSR". Des bonheurs à la fois simples et purs, ce 8ème tour à la fois magnifique et tragique face à l'AS Vitré (2-2, TAB) en 2002/2003 qui avait à la fois la saveur d'un combat gagné de ses 20 premières années de présidence, à savoir de remettre le club à flot financièrement, après les excès des années 70 avec un club jaune et noir monté en D3 mais aussi ce 32ème finale de coupe de France qui s'envolait pour un tir au but ou encore la célébration des 100 ans du club en 2022, réunissant toutes les générations des Cormorans.
Ecumant les tempêtes au départ, découvrant tout avec la fonction, il vivait, dormait, mangeait Cormorans. Mais sans oublier la vie de la commune, toujours prêt à donner un coup de main aux autres associations, comme les marins du port du Kerity. Et comme tout président, il avait ces prérogatives érigées comme infranchissables.
1 - Etre dans les vertus du foot amateur sans y déroger, 2- S'investir dans les fêtes communales, 3- Ne pas descendre en D1. Car Penmarc'h, depuis la saison 1968/1969, c'est un club de Ligue ( voir au-delà dans l'extraordinaire portée des années 70). Jean-Pierre Le Brun était de ces dirigeants, qui se sont donnés à fond avec une énergie étonnante.
Comme accompagner et véhiculer tous les samedis après-midi, les jeunes arbitres au club pour qu'ils puissent faire leur match, restant sur la rencontre jeunes, mettant aussi en place une étape penmarchaise sur la tournée des plages de la ligue de Bretagne, l'été, et aussi un point d'orgue, être un centre d'accueil du Mondial Pupilles de Plomelin, qu'il adorait plus que tout dans son état d'esprit.
Alors que la première édition en 1986 avait donné un temps absolument exécrable, il avait été un des premiers à dire " On continue". Le premier à soutenir tout projet qui était destiné à avoir une vocation collective, encourageant à ses débuts le festival God Save The Kouign, imaginé par une autre figure penmarchaise, Yohann Madec, il était toujours celui qui rassure, soutient et encourage.
Convaincu aussi de la nécessité pour les Cormorans, d'avoir un emploi salarié dans la formation des jeunes. Evidemment en 39 ans, il y'a eu de nombreuses prises de bec, avec son caractère entier, la vague n'était pas linéaire.
Mais dès que les bulles du Perrier ( sa boisson préférée) s'étaient évaporées et dissipées, sa compagnie était des plus affectueuses et sincères. Son héritage aux Cormorans sera forcément grand, comme avant lui, des Guy Tanneau ou Pierre Boënnec, il a écrit un grand chapitre de l'histoire des Cormorans. Mais au-delà de Penmarc'h, c'est tout le football Sud-Finistérien qui lui doit aussi quelque chose, les nombreuses partages sur les réseaux sociaux des clubs du Sud-Finistère en sont un parfait exemple.
Ce dernier au revoir est une marque évidemment d'affection, et un esprit qui perdurera, pour quelqu'un qui n'avait connu qu'un seul et même club, de 1964 à 2026, les CS Penmarc'h.
VOIR LE PORTRAIT DE JEAN-PIERRE LE BRUN DE SES DEBUTS A LA FIN DE SA PRESIDENCE AUX CS PENMARC'H




